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Place de la Poste, le 30 juin 2014. Photo M3 Didier, 2014. |
Pas
de discours, pas de déclaration politique à la célébration de l’indépendance, à
Kinshasa comme à Lubumbashi ce 30 juin 2014. Mais, plein de signes, des signes
qui ne trompent pas. Il reste clair que la RDC entend envoyer un message
« fort »… au Rwanda notamment ! Déjà à Lubumbashi on dit
« Non à la provocation ». entre-temps, on brandit la Kalache !
Sans
parole, sans discours
Un défilé militaire, c’est ainsi qu’est
appelé ce défilé, marquant le 54e anniversaire de l’indépendance de
la RDC. Une indépendance, une fête sans parole, sans discours, cela donne lieu
à des supputations, à des interprétations. C’est le prix à payer lorsqu’on se
taît ! Le silence est fait ainsi. Je m’en accorde deux, pour ne pas forcer
les choses. La première est que les dirigeants congolais, considérant l’échec, indépendance
de la RDC, les douleurs d’un cuisant échec, comme je l’ai écrit il
y a trois jours sur mon blog Tout Lubumbashi, ont
décidé de ne rien dire qui énerve la population qui plus est, en paupérisation
atroce. Ceci me paraît cependant peu probable. L’autre hypothèse suggère que le
pouvoir préfère ne pas en rajouter aux mots qui divisent déjà. Devant une suspicion
et une opiniâtreté de forces politiques congolaises, toutes confondues, dans
l’affaire du contesté calendrier électoral de la CENI, sur fonds de révision de
la constitution pour un éventuel nouveau mandat de Joseph Kabila, il serait
préférable d’agir sans dire des mots qui donneraient lieu à des interprétations.
Déjà la polémique est à son comble.
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Moïse KATUMBI, Gouverneur du Katanga. Photo M3 Didier, 2014. |
Ceci n’est pas gonfler les faits !
Regardez les images filmées par la presse, si par chance on a montré le
public « sans identité » à cette fête, celui-là même que l’on filme
souvent en plan général et très éloigné, vous verrez qu’il est fait majoritairement
des enfants, des badauds et des curieux ! Les « autres », eux,
étaient là pour défiler, sans doute par contrainte ; d’autres ont restés à
la maison ! Sans doute, la classe des sans emploi et malheureusement, je
regrette de ne pas trouver de mots justes, des compatriotes qui n’ont pas grand
temps de "réfléchir sur des mots" ! Pourtant, ceux-là même, à
Lubumbashi, se sont exclamés : « Moïse
ashiseme kintu ! (Ndlr : Moïne
ne dit rien !) ». Étonnant,
d’autant plus que Monsieur Katumbi parle, et à cœur ouvert ! Qu’il n’ait
rien dit devant son public qui l’a ovationné dès la descente de son véhicule,
cela étonne. On comprend cela si l’on considère que Joseph KABILA, qui parle
pourtant peu et qui pouvait profiter de ce haut lieu pour « entretenir »
ses compatriotes, s’est tu ! Je sais qu’il a parlé la nuit à la
télévision. Mais ce n’était pas à la fête !
Parler avant la fête pour l’annoncer, et
se taire la fête venue, devant les invités, il y a certes un problème ! Et,
je crois avoir osé l’imaginer… mais je ne suis pas sûr de l’avoir réellement
cerné. Ce qui reste au moins sûr est que des messages, à travers ce 54e
anniversaire sans parole ni discours, sont passés. Il y a celui envoyé avant
tout au Rwanda.
En
silence : pas de provocation !
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FARDC. Photo M3 Didier, 2014. |
Comme au trente juin du cinquantenaire
de l’indépendance de la RDC, une pompe, et surtout, une exhibition des armes.
La RDC a bombé le torse, montrant son arment. Un armement certes d’importation,
je ne sais en quel état et de quelle portée… mais je constate qu’il est
impressionnant, surtout à Kinshasa. Il est destiné à dire, toujours en silence,
« nous sommes capables de
répliquer ». Ceci prend davantage de sonorité lorsque l’on considère
qu’il y a peu, la semaine dernière, Paul KABAME a brandi la menace de se
retirer des accords d’Adis Abeba qui l’oblige, comme d’ailleurs ses voisins des
Grands Lacs, d’agir en faveur de la Paix en RDC. Ceci implique l’obligation de
s’abstenir de tout comportement qui puisse mettre la paix en péril. Or, depuis
la chute du M23 (l’événement est encore dans les petits mots des officiels dans
certaines interviews) le Rwanda se montre enclin à violer son engagement. Les événements
à la frontière commune entre les deux pays, non loin de Goma, le
prouvent ! 5 morts parmi les soldats congolais, exécutés, selon une
autopsie rapportée par bbc.com.
Visiblement, les opérations de
regroupement des FDLR, bêtes noires de Kigali qui les diabolise sans nuance
alors que lui-même aurait du sang sur les mains à propos du génocide rwandais,
énervent Paul Kagame. Le Rwanda ne sera
sans doute pas intimidé par ce défilé des armées et des armes. Mais il sait
depuis peu que les congolais ne vont plus digérer qu’il les importune. Tout a
une fin. Celle de ses folies de grandeur a sonné.
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"Non à la provocation".Photo M3 Didier, 2014. |
Pourquoi j’obstiné-je à dire que ce
défilé a un message centré sur Kigali ? Trouvez la raison en vous arrêtant
sur la photo ci-dessous, malheureusement de moins bonne qualité, à force de
zoomer. On peut y lire : « Non
à la provocation de la RDC ». C’est un des calicots qui ont circulé
dans les rangs des agents du gouvernorat du Katanga. Question : qui provoque ? C’est simple. De
manière officielle, le seul pays qui a, pendant ce temps, des pépins avec le
nôtre, c’est bien le Rwanda chez qui nos compatriotes auraient été exécutés.
Voilà qui justifie que l’on mobilise cet armement qui a circulé à Kinshasa ce
30 juin 2014.
Pas
de paix au Nord-Katanga
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Au triangle de la mort, on mange des congolais! Photo M3 Didier, 2014. |
Au Katanga, à Lubumbashi, dans le
silence, peut-être ce n’est pas ce que voulait dire le gouvernorat de province,
on reconnaît qu’il n’y a pas de paix. Du moins, dans le désormais polygone de la
Mort, ex Triangle de la mort. On pouvait lire sur un calicot « Non au cannibalisme des groupes
armés dans le triangle de la mort, Manono-Mitwaba-Pweto ». Ce qui se passe
dans cette partie de la RDC est simplement inacceptable. On tue, on viole et
désormais, on mange des congolais ! Et Kinshasa est resté calme, la
Monusco qui a effectué un effet d’annonce pour un tourisme au Triangle de la
mort, a retiré ses éléments au bout de 45 jours ou légèrement plus que ça.
Là-bas, on meurt en silence. Pourtant, très souvent on dit : ici la
paix ! N’est-ce pas une contradiction avec le message ci-haut porté sur le
calicot ?
Comment devant toute cette gamme de
douleur, parler à son peuple ? J’espère que la bonne heure va commencer,
si ce silence est inspiré de toutes ces peines. Punir le Rwanda, s’il recommence,
cela me conviendrait. Mais si les relations peuvent s’améliorer par la parole,
nous sommes, eux comme nous, fils de la parole, cela me rendrait heureux !
Bravo aux services de sécurité qui ont déployé dans toues les 7 communes de la ville cuprifère des hommes en uniformes pour dissuader les gens mal intentionnés qui pouvaient gâcher la fête. On se souviendra que la date du 11 juillet est historique pour le Katanga. Se souvenant de la sécession, les Katangais sont sous le qui-vive entre le 30 juin et le 11 juillet. Et les partisans de l'Etat Indépendant du Katanga n'ont pas encore dit leur dernier mot. Qui vivra verra.
RépondreSupprimerBravo aux services de sécurité qui ont déployé dans toutes les 7 communes de la ville cuprifère des hommes en uniformes pour dissuader les gens mal intentionnés qui pouvaient gâcher la fête. On se souviendra que la date du 11 juillet est historique pour le Katanga. Se souvenant de la sécession, les Katangais sont sous le qui-vive entre le 30 juin et le 11 juillet. Et les partisans de l'Etat Indépendant du Katanga n'ont pas encore dit leur dernier mot. Qui vivra verra.
RépondreSupprimerah oui! merci bcp papa Gilbert! Vous me rappelez tout de suite un événement, j'espère que j'aurais le temps d'y penser pour un article. merci une fois encore!
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