mardi 31 janvier 2017

L’Accord sur la transition en RDC patine [Revue de presse]

Les évêques catholiques de la RDC (CENCO), médiateurs du dialogue entre opposition et pouvoir. Crédit photo: Monusco
L’Accord sur la transition en RDC trouvé le 31 décembre 2016 se montre impossible d’application. Les discussions censées définir sa mise en œuvre viennent d’échouer (jusqu’ici) entre le camp Kabila et alliés et le Rassemblement de l’opposition (Rassop). Pendant ce temps, la Majorité au pouvoir serait tentée de recourir à un référendum pour donner à Kabila le droit d’aller aux élections au-delà de ses 2 mandats limités par la constitution. Voici ma lecture de journaux de la semaine dernière.
« Consensus non trouvé : MP-Rassop, voici ce qui les oppose », titre L’avenir, un groupe de presse de Kinshasa, proche du pouvoir. Le média note deux points qui font l’objet d’une « sempiternelle incompréhension » : la répartition des ministères régaliens, de souveraineté (Affaires étrangères, défense, intérieur et justice) et le mode de désignation du premier ministre.

mardi 20 décembre 2016

Ce qui s’est passé mardi 20 décembre 2016 à Lubumbashi

Deuxième jour, le 20 décembre, de paralysie de la ville de Lubumbashi, 2e ville de la République démocratique du Congo (RDC). Au lendemain de l’expiration du mandat de Joseph Kabila, des manifestants sont descendus dans la rue pour demander au président Kabila de quitter le pouvoir. La police a procédé aussi à de nombreuses arrestations et aurait tiré à balles réelles.
Le quartier Gécamines s’est réveillé coincé dans des troubles. Des jeunes gens, militants de l’UDPS, parti de l’opposant Etienne Tshisekedi, ont affronté à coups de pierres les services de sécurité déployés pour stopper toute protestation. La police et l’armée ont lancé de nombreux tirs. D’après les témoignages des habitants, il y a eu près d'une dizaine de morts, deux selon le gouvernement provincial du Haut-Katanga. Mais aussi plusieurs blessés dont certains en état grave, et de nombreuses arrestations.

jeudi 8 décembre 2016

Joseph Kabila hésite !

RDC
Joseph Kabila devant une maquette du gouvernorat du Haut-Katanga à Lubumbashi, 2016. Photo M3 Didier
Joseph Kabila aura rarement répondu aux questions brûlantes sa tumultueuse République démocratique du Congo. Jusqu’au bout, ou presque ! La plus controversée et vecteur d’un clivage rare de l’histoire du pays, la question de fin mandat ne fait cependant pas exception. Mais, s’il ne parle pas trop, Kabila communique beaucoup jusqu’à entretenir une épaisse confusion témoin d’hésitations.
Est-ce l’effet Yahya Jammeh ou le syndrome Kagame-Museveni-Sassou qui soudain se saisissent du président congolais ? Joseph Kabila presque jusqu’auboutiste dans sa tentative de rester au pouvoir à l’expiration de son dernier mandat constitutionnel semble lâcher du lest.
Kabila recule d’un pas
Premier signe : Kabila apporte son soutien à la médiation des évêques catholiques (CENCO) pour des « discussions directes » avec l’opposition ayant boycotté l’Accord de novembre qui le maintient en poste jusqu’à la présidentielle prévue en 2018. Pourtant, sa majorité au pouvoir a déclaré, une semaine plus tôt, ne plus vouloir de cette médiation qui aurait échoué.
Kabila encourage donc les évêques à poursuivre leurs consultations et déjà, jeudi 8 décembre, ces discussions démarrent avec l’opposition réunie autour d’Etienne Tshisekedi, le Rassemblement. Dès lors la question : Kabila hésiterait-il ? La réponse semble « Oui » au vu des derniers développements de la politique internationale. Est-ce pour bien sauter ? Qui sais !
Sans doute, il y a un Donald Trump dont il a salué l’élection, presqu’en baratin. Mais il ne sait rien de lui ni de sa politique, tant l’homme semble plein de surprises. En plus, les affaires étrangères américaines maintiennent malgré tout la pression sur le régime à Kinshasa.
Mais il y a aussi le renoncement de François Hollande à briguer un nouveau mandat à la présidentielle que l’opposition exploite pour appeler Kabila à partir. L’appel des opposants prend plus de relief encore lorsque même le dictateur gambien YayhYA Jammeh perd la présidentielle et s’avoue vaincu par un opposant politique, se pliant à l’inéluctable alternance.
Un Kabila hésitant devant le congrès
Le 15 décembre, Kabila avait rendez-vous avec les parlementaires réunis en congrès à Kinshasa. Ce fut le dernier moment solennel de sa présidence où il aurait pu surprendre ceux qui ne le croient pas prêt à assurer une alternance pacifique du pouvoir en RDC.
Sans rassurer ni montrer les biceps comme l’aurait fait Nkurunziza, en déclarant son maintien au pouvoir, Kabila a entretenu le flou. Il hésite et se contente de dire que la constitution serait « respectée dans toutes ses dispositions ». Pourtant, ne pas organiser la présidentielle dans les délais est décrié comme flagrante violation de la Constitution. La dualité partir ou rester pèse.
Que  va-t-il dès lors advenir de Kabila, hésitant, fléchi et désormais discute avec ses farouches adversaires Tshisekedi et Katumbi, ténors du Rassemblement de l’opposition ? Sans doute, il restera à la tête du pays jusqu’aux élections vraisemblablement qui seront fixées plus tôt. Mais il a désormais l’obligation de rassurer sur son départ, bien entendu par les actes, principal et controversé moyen de sa communication. Relaxer des prisonniers politiques qui croupissent toujours en prison comme Diomi Dongola ou l’abandon des poursuites contre et Moïse Katumbi calmeront la pression.

Kabila aura alors montré son hésitation, peut-être aussi confirmé l’opinion qui le présente comme pris au piège des caciques du pouvoir, qu’il vient d’ailleurs de tourner en bourrique, en acceptant ce que l’opposition appelle « le vrai dialogue inclusif. » Sinon, comment comprendre que Kabila qui a annoncé plusieurs fois qu’il respecterait la constitution hésite ou se contredise à ce point ?