jeudi 8 décembre 2016

Joseph Kabila hésite !

RDC
Joseph Kabila devant une maquette du gouvernorat du Haut-Katanga à Lubumbashi, 2016. Photo M3 Didier
Joseph Kabila aura rarement répondu aux questions brûlantes sa tumultueuse République démocratique du Congo. Jusqu’au bout, ou presque ! La plus controversée et vecteur d’un clivage rare de l’histoire du pays, la question de fin mandat ne fait cependant pas exception. Mais, s’il ne parle pas trop, Kabila communique beaucoup jusqu’à entretenir une épaisse confusion témoin d’hésitations.
Est-ce l’effet Yahya Jammeh ou le syndrome Kagame-Museveni-Sassou qui soudain se saisissent du président congolais ? Joseph Kabila presque jusqu’auboutiste dans sa tentative de rester au pouvoir à l’expiration de son dernier mandat constitutionnel semble lâcher du lest.
Kabila recule d’un pas
Premier signe : Kabila apporte son soutien à la médiation des évêques catholiques (CENCO) pour des « discussions directes » avec l’opposition ayant boycotté l’Accord de novembre qui le maintient en poste jusqu’à la présidentielle prévue en 2018. Pourtant, sa majorité au pouvoir a déclaré, une semaine plus tôt, ne plus vouloir de cette médiation qui aurait échoué.
Kabila encourage donc les évêques à poursuivre leurs consultations et déjà, jeudi 8 décembre, ces discussions démarrent avec l’opposition réunie autour d’Etienne Tshisekedi, le Rassemblement. Dès lors la question : Kabila hésiterait-il ? La réponse semble « Oui » au vu des derniers développements de la politique internationale. Est-ce pour bien sauter ? Qui sais !
Sans doute, il y a un Donald Trump dont il a salué l’élection, presqu’en baratin. Mais il ne sait rien de lui ni de sa politique, tant l’homme semble plein de surprises. En plus, les affaires étrangères américaines maintiennent malgré tout la pression sur le régime à Kinshasa.
Mais il y a aussi le renoncement de François Hollande à briguer un nouveau mandat à la présidentielle que l’opposition exploite pour appeler Kabila à partir. L’appel des opposants prend plus de relief encore lorsque même le dictateur gambien YayhYA Jammeh perd la présidentielle et s’avoue vaincu par un opposant politique, se pliant à l’inéluctable alternance.
Un Kabila hésitant devant le congrès
Le 15 décembre, Kabila avait rendez-vous avec les parlementaires réunis en congrès à Kinshasa. Ce fut le dernier moment solennel de sa présidence où il aurait pu surprendre ceux qui ne le croient pas prêt à assurer une alternance pacifique du pouvoir en RDC.
Sans rassurer ni montrer les biceps comme l’aurait fait Nkurunziza, en déclarant son maintien au pouvoir, Kabila a entretenu le flou. Il hésite et se contente de dire que la constitution serait « respectée dans toutes ses dispositions ». Pourtant, ne pas organiser la présidentielle dans les délais est décrié comme flagrante violation de la Constitution. La dualité partir ou rester pèse.
Que  va-t-il dès lors advenir de Kabila, hésitant, fléchi et désormais discute avec ses farouches adversaires Tshisekedi et Katumbi, ténors du Rassemblement de l’opposition ? Sans doute, il restera à la tête du pays jusqu’aux élections vraisemblablement qui seront fixées plus tôt. Mais il a désormais l’obligation de rassurer sur son départ, bien entendu par les actes, principal et controversé moyen de sa communication. Relaxer des prisonniers politiques qui croupissent toujours en prison comme Diomi Dongola ou l’abandon des poursuites contre et Moïse Katumbi calmeront la pression.

Kabila aura alors montré son hésitation, peut-être aussi confirmé l’opinion qui le présente comme pris au piège des caciques du pouvoir, qu’il vient d’ailleurs de tourner en bourrique, en acceptant ce que l’opposition appelle « le vrai dialogue inclusif. » Sinon, comment comprendre que Kabila qui a annoncé plusieurs fois qu’il respecterait la constitution hésite ou se contredise à ce point ? 

dimanche 6 novembre 2016

CAF C2: le sacre de Mazembe en images

Coupe des confédérations 2016
Le Tout-Puissant Mazembe, célèbre club de football de Lubumbashi, ville du sud de la République démocratique du Congo a remporté sa 10e coupe continentale en battant le club algérien M.O. Bejaïa par 4-1 buts.
C’est le 2e sacre en ce qui concerne la coupe des confédérations de la CAF. Bien entendu, en comptant la victoire du club en 1985, alors sous l’ancienne formule du championnat.
Hymne du TP Mazembe

A présent, voici quelques photos du match dans un stade du TP Mazembe où environ 18.000 personnes habillées de noir et de blanc, ont chanté du début à la fin du match, chantant à la gloire de leur club et de Moïse Katumbi, sans oublier la scène où les supporters ont conspué le ministre des sports Denis Kambayi, vu alors comme un des « ennemis » du président du TP Mazembe.


1er but de TP Maeembe à la 6e minute, Lubumbashi




Lubumbashi



TP Mazembe



Champion CAF C2 2016

mercredi 12 octobre 2016

« Joseph Kabila Shikata », dit le milicien Gédéon Kyungu

Connaissez-vous Gédéon Kyungu Mutanga ? Il a décidé d’en finir avec son insurrection en déposant les armes, mardi 11 octobre à Lubumbashi en RDC, en présence des autorités et des services de sécurité.
Si un jour vous avez entendu parler des séparatistes May-May, déterminés à « couper » le  Katanga de la République démocratique du Congo, si vous avez appris qu’il existe un triangle de la mort dans cette région septentrionale de la RDC, c’est lui le maître.
Un triste bilan humanitaire dans le Katanga
Arrêté, jugé et condamné à mort, Gédéon Kyungu Mutanga s’évade de la prison de Kasapa, de manière spectaculaire en pleine journée, en 2011. Il a regagné son sanctuaire situé entre les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto qui forment le fameux triangle de la mort du Katanga.
Jusqu’en 2016, avant sa reddition, Gédéon a provoqué une crise qui a déplacé plus de 500.000 personnes, des femmes violées, des villages incendiés, des souffrants de faim, des enfants qui ne vont plus à l’école depuis quelques années, et même des conflits communautaires. Dur et réputé fétichiste, Gédéon a mangé un prêtre qui était un proche, parti le convaincre de déposer les armes.
Gédéon le spectaculaire ou un Congo en spectacle ?
L’évasion spectaculaire de la prison de Kasapa, se boucle le 11 octobre 2016 par un autre spectacle : son retour dans la ville, presqu’en héro. La cérémonie de reddition a lieu devant l’assemblée provinciale du Haut-Katanga, en présence des responsables de l’armée, de la police et du renseignement. Ce ton très officiel, malgré la joie d’en finir avec les violences, finit par étonner. « Gédéon homme libre », a demandé un journaliste, aucune réponse des officiels.
Le drapeau du Mouvement des indépendantistes révolutionnaires africains, MIRA, le parti de Gédéon Kyungu. Ph. Junior Ng

En 2013, les may-may bakata-Katanga entraient dans Lubumbashi, sans que les services de sécurité ne s’alertent alors qu’ils venaient de parcourir près de 10 km à pied, de la commune de Ruashi au centre-ville. C’est un spectacle inouï, et personne pour expliquer ce qui réellement est arrivé. D’autres événements spectaculaires vont suivre encore, mais sans explication : l’attaque de l’aéroport de Lubumbashi, mais aussi des violences dans le triangle de la mort si bien que l’ONU dénonce une crise oubliée dans le Katanga. Le hic, c’est que les autorités congolaises n’ont jamais expliqué à leurs citoyens les vrais mobiles de l’activisme des séparatistes bakata-Katanga, en dehors du fait notoire qu’indique leur nom. C’est un spectacle aussi !
De la prison à une résidence sécurisée
L’essentiel aujourd’hui, c’est  que Gédéon Kyungu a déposé les armes. On espère que c’est le grand  retour au calme dans cette région (Mitwaba) où l’on exploite la caciterite et un peu d’or. Que le processus s’arrête à ce net niveau serait une course à l’impunité, comme cela est arrivé à d’autres chefs de guerre. Déposer les armes ne suffit, il faudrait que les juges n’aient pas perdu leur temps pour rien en condamnant cet homme qui a fini par fuir la prison, sans explications sérieuses. C’est basique : la place d’un prisonnier en fuite, c’est la prison lorsqu’on le reprend.

Mais Gédéon sait bien que les rébellions finissent par des postes confortables au sein du gouvernement ou de l’administration publique, doublés d’une protection. Impunité ! Peu d’exemples seulement pourront l’infirmer : la grandeur, la prospérité, bref, le royaume de joie, appartiennent aux citoyens violents, en République démocratique du Congo. Gédéon se prépare à devenir politicien avec son parti MIRA qui ne cache pas qu’il admiratif du président Kabila. Son accoutrement pour la circonstance, un t-shirt vert frappé d’une effigie du présent Joseph Kabila arrivé fin mandat le dit bien: « shikata » qui veut dire, « demeure, reste assis, dure »…