RDC : scandale sexuel au gouvernement et les griffes de l’UDPS

Une vidéo montrant un vice-ministre congolais en pleins ébats sexuels solitaires circule sur la toile depuis le 28 avril. Le président Joseph Kabila a viré Enock Sebineza du gouvernement, comme l’ont demandé de nombreux internautes. Ma semaine d’actualité s’intéresse aussi à cette demande de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi qui fait jaser à l’opposition comme au pouvoir : contrôler la liste des opposants au dialogue politique.
Ministre limogé RDC
Capture d'écran: Enock Sebineza devant son ordinateur.
Jusqu’ici, ce n’était pas encore arrivé à un tel degré de la société congolaise : un ministre dans une vidéo, en plein acte sexuel, avec lui-même. Le décor qui l’entoure a le fâcheux pouvoir de donner à l’acte qui pouvait passer pour risible, un cachet officiel : le portrait du président Kabila en arrière-plan, au-dessus de sa tête, et à sa droite,  le drapeau de la RDC. Les internautes ont dénoncé l’opprobre jeté sur la République. Joseph Kabila qui n’est pourtant pas de nature à agir précipitamment, n’a pas tardé : exit Sebineza ! Le vice-ministre des Postes et Télécoms a été limogé de façon cruelle, dans une formule destinée à laver les institutions de la honte : un communiqué lu en direct sur la télévision officielle.
Vous pouvez regarder cette vidéo ici.
De l’opprobre sur la République
Qu’un ministre se masturbe ou fantasme sur une femme peut passer. Mais que cela revête un sceau officiel, en se plaçant à côté l’emblème de la République et de l’image du chef de l’Etat qui d’après la constitution, est une institution, là ça dérange. Aussi, on peut constater que le vice-ministre était oisif dans bureau. Or on le sait bien, « l’oisiveté est le naufrage de la chasteté ». Aurait-il eu du travail, il n’en arriverait pas à une masturbation, quelque séduisante qu’elle fût, la belle vue sur la webcam ou dans une vidéo ! Car il l’aurait renvoyée à une autre heure, dans un autre contexte. Mais voilà qu’il trouvait tout à coup une occupation !
Il faut imaginer que les Postes et Télécoms peinent à décoller en RDC. Déjà la fibre optique qui devait insuffler un nouveau départ au secteur, a raté son arrivée à Kinshasa à cause des détournements et a fait l’objet des querelles sur sa gestion.
Que ce si fragile secteur ait un vice-ministre et un ministre est simplement étonnant. Surtout si cela ne permet pas son décollage. Combien de vice-ministres devrait-on alors donner au tentaculaire ministère de l’Intérieur ? De nominations pour plaire aux alliances politiques ! C’est malheureusement une triste réalité : logiques donc que l’éthique et la compétence ne suivent pas forcément. C’était pourtant sur base de ces vertus que Sebineza a été viré.
Etienne Tshisekedi au dialogue
Etienne Tshisekedi, président de l'UDPS. Source: Vote Tshisekedi, Youtube
Joseph Kabila a enfin trouvé un interlocuteur à son dialogue convoqué en novembre 2015. Etienne Tshisekedi, opposant historique et président de l’UDPS (Union pour la Démocratie et Progrès Social), participera au dialogue. Il est attendu à Kinshasa « dans les prochains jours ».
Mais c’est déjà peut-être là les couleurs de ce que sera le dialogue tant attendu : l’UDPS réclame le contrôle de la liste des 12 participants au dialogue pour le compte d l’opposition. C’est-à-dire, en plus d’une bonne représentation sur cette liste en tant que leader, le parti espère avoir une voix qui se fasse entendre avantage. Ce n’est sans doute pas pour rien. Si ce dialogue n’a pas démarré jusqu’ici, c’est faute d’un accord de ce parti. Son arrivée légitime la démarche de Joseph Kabila, et cela a un prix !

C’est donc en « grand » que Tshisekedi veut dialoguer, enfin, du moins tel qu’il l’entend. Arrivé deuxième à la dernière présidentielle qu’il n’a jamais accepté avoir perdue, que pourrait revêtir cette démarche de l’opposant historique de RDC ? Certains lui prêtent l’intention d’obtenir une transition sans Joseph Kabila (conduite par lui ?) alors que d’autres l’accusent d’en donner une au président qui achève son dernier mandat constitutionnel.