M. Barack Obama, marquez l'histoire en délivrant Kivu de la mort

La vie est sacrée, y compris celle des congolais endeuillés depuis 1994, conséquence du génocide rwandais.
Lettre ouverte
A Monsieur le président des Etats-Unis d'Amérique, Barck OBAMA.
Concerne : La fin des massacres en république démocratique du Congo
Monsieur le président,
Vous connaissez bien la République démocratique du Congo, le pays de Mutombo Dikembe le basketteur bien connu des américains et de Patrice Emery Lumumba, désormais au panthéon des martyrs de la liberté et de la dignité humaine. C’est proche du Kenya que vous avez visité en 2015. Vous auriez pu voir ce merveilleux pays au cours de vos deux visites officielles en Afrique. Seulement, ni votre famille, ni votre gouvernement, et surtout pas votre sécurité ne vous encourageraient à venir… parce qu’on y meurt. Bon, même si moi qui vous écris, je ne suis pas un fantôme.
Me voilà donc dans le vif de ma préoccupation ! Goma, Beni, Rutshuru, Kanyabayonga, Kanyarusthinya, Ituri, … vous avez sans doute entendu parler de ces villes et villages où l’on dispense la mort, avec le sérieux des religieux en plein office. Depuis 22 ans, après le génocide rwandais, près de 6 millions de personnes sont mortes au cours des guerres qui se sont succédé. Viols, raquettes, pillages, assassinats, massacres et même génocide ont pris tristement la place des conversations des sports qui ne s’y pratiquent plus régulièrement.[1] Tout cela, couvert d’un silence écœurant.
Le 7 janvier 2016, alors que les habitants du village Mikiri, dans le territoire de Lubero, au Nord Kivu, n’avaient pas fini à se dire « bonne année », les anges de la mort ont massacré 14 personnes. Vous connaissez tout le mal que les miliciens des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR, ont fait à la RDC dans leur prétention à libérer le Rwanda.
J’ai prévu de vous dire trois choses, dans l’espoir que vous y prêterez attention, même si désormais vos jours courent à la tête des Etats-Unis.
1.      Votre élection à la tête des Etats-Unis a suscité beaucoup d’espoirs en Afrique, y compris parmi ceux qui meurent aujourd’hui au Kivu. Plusieurs ont espéré vous voir stopper l’industrie de la mort qui s’est implantée en RDC : extraction des ressources naturelles + guerres, rebellions-accalmie-rébellion…! Deux mandats se terminent, la guerre a baissé, mais pas la mort. Il y a accalmie, mais pas de paix. Nous avons salué cette certification des ressources naturelles pour éviter les minerais de sang, votre initiative. Mais cela n’a arrêté ni pillage, ni les minerais de sang.
2.      Vos prédécesseurs, Bill Clinton et Georges W. Bush, ont affiché peu de volonté pour stopper le chaos qu’ils ont vu venir après le génocide rwandais. Je parle de l’arrivée des ex FAR Interhamwe arrivés au Zaïre. Votre pays n’a pas empêché les folies de Paul Kagamé sur lequel il a une plus grande influence qu’aucun autre dans le monde. Votre fermeté sur le Rwanda de Kagamé du temps de la rébellion du M23 a changé les choses, mais le boulot reste inachevé et les FDLR et d’autres milices demeurent.
3.      Nous pensions que vous comprendriez bien l’Afrique et qu’elle vous comprendrait !
Vous voilà droit vers la fin de votre mandat à la tête des Etats-Unis, la puissance mondiale.  Présidence historique, décisions historiques, et vous-même président historique ! Cependant, vous êtes sur le point d’échouer là que tous vos prédécesseurs et compatriotes présidents des USA ont échoué. Vous pouvez marquer l’histoire en arrêtant la mort qui circule depuis 22 ans.
Si donc vous partez et laissez tel quel ce problème, aux quelques 6 millions de morts, femmes et enfants en majorité, vous aurez donné, comme les autres, le temps d’accroître ces chiffres macabres. Nous croyons, comme vous, je l’espère, que la vie est sacrée.
Je vous remercie, Monsieur le président. Excusez-moi si mon style ne respecte pas de protocole. C’est parce que je pleure et crie !
Didier Makal,
Lubumbashi, RDC.




[1] le terme a été donné par un rapport provisoire de l’ONU et a disparu de la mouture finale.