La chanson "Jusqu'au bout de mon rêve" de Fils Ngeleka, un hymne au courage

Affiche du fils Jusqu'au bout de mon rêve, élu meilleur film du Katanga au festival Cinétoile (2015). Source: Fils Ngeleka
Quand le sort nous étreint, le brouillard écume la route… facilement on tombe, déçu. Tout n’est pourtant pas fini. Le courage, par exemple, ultime recours, peut remet debout et mener au succès. C’est dit « Jusqu’au bout de mon rêve », intéressante chanson de Fils Ngeleka, journaliste, blogueur, et voilà musicien ! 
Un poème, une simple chanson ? Les deux à la fois, c’est préférable. « Jusqu’au bout de mon rêve » est née pour accompagner le film du mêmenom, primé meilleur de Lubumbashi au cinéma de l’Etoile (2015) qui regroupe les jeunes talents du Katanga, l’unique du genre. La chanson reste donc inconnue du grand public. Pourtant, elle porte en elle les germes de l’éternité. Une éternité qui jaillit de la profondeur du cœur de Fils Ngeleka. Ce cœur qui distille désormais des airs musicaux, une batterie, des rimes, une beauté enfermée dans des mots bien choisis, des paroles prononcées bien chantées… et un ensemble vocal qui fait voyager. C’est à travers des thématiques musicales rares, en contexte des productions lushoises, c’est-à-dire, de Lubumbashi, où globalement c’est plat et fait pour danser.
Le courage, l’espoir, l’engagement
Il ne suffit pas de rêver, mais il faut que des actions portent ses rêves à leur réalisation. Comme il arrive à toute âme humaine de rêver, en effet ! Fils Ngeleka professe son courage.
« Jusqu’au bout de mes rêves,
Jusqu’à ce que le jour se lève »
On l’aurait cru hargneux, baroudeur, mais non. Fils Ngeleka, est plutôt quelque peu taciturne et surtout pacifique. Il est en plus méticuleux, et cette attitude (qualité ?) caractérise bien ses paroles. Il ne va pas vite, n’agit pas fort. C’est peut-être en cela que réside la profondeur de ses actions, y compris ses articles sur son blogtourné vers la culture, Katanga Cultura.
« Afin que le jour se lève,
Je bataillerai sans trêve
Je ne baisserai pas la glaive (sic)
De peur qu’elle ne vienne et m’achève. »
Fils Ngeleka ne s’arrête donc pas à rêver. Il se tient debout pour réaliser ses rêves, pour en réalité se réaliser. Sa chanson est alors un hymne au courage, la prise en main de ses responsabilités. Chose cependant rare dans une société congolaise où à la place du soi, du moi. Fils Ngeleka, le musicien et réalisateur, est pourtant fortement engagé dans sa foi et dans son église.
Le courage s’assume, Fils Ngeleka semble en prendre la mesure. C’est par là même qu’il finit son beau refrain. « Endurer et me tenir pour que triomphe mes rêves ». Une dimension de plus en plus rare. Endurer, prendre longtemps, le temps de réaliser un travail qui parfois n’apporte pas de succès immédiat, c’est bien décevant. Ses collègues musiciens (mais lui ne se présente cependant pas comme musicien), mettent une semaine ou trois en studio et sortent des chansons qui, en réalité, ne font pas long feu. Deux ou trois mois, puis, s’éteignent. Certains finissent par abandonner, parce qu’ils n’y ont pas cru. Suffisant pour ne pas « endurer », suffisant pour qu’enfin des rêves ne triomphent pas. On ne supporte plus la douleur, plus de place pour l’échec qui pourtant, ne veut pas dire toujours la fin.
« Je réalise qu’il faut que je tienne,
Je comprends qu’il faut que je tienne, quoi qu’il advienne !
Etre à même de résister pour n’être soumis qu’à moi-même,
Viser le bout tout de même ! »

La chanson peut résonner dans plusieurs sens, en politique, pour éclairer des faits sociaux… mais tout cela relève de l’interprétation. Et, là, c’est une nouvelle chanson (des nouvelles peut-être !) qui naît de « Jusqu’au bout de mes rêves ». Et c’est désormais de la créativité de l’imagination de chacun. Pour moi, cette chanson est un hymne à l’espoir, une foi en l’avenir. Elle permet de rester debout, quelle que soit sa difficulté ; invitation au courage et à aller de l’avant !