5e sacre africain du TP Mazembe, la joie du pouvoir, l'exultation de l'opposition

Crédit photo: TP Mazembe.com
Deux images fortes vont marquer le 5e sacre du Tout Puissant Mazembe de Lubumbashi, en ligue des champions de la CAF : un public fortement mobilisé et des politiques obligés de partager plus de deux heures ensemble. Malgré leurs divergences.
C’est une image des plus rares. Certains ne l’auraient carrément pas imaginé ainsi : le vice premier ministre de RDC, Evariste Boshab parlant à Moïse Katumbi devant des milliers des congolais. D’aucuns le considèrent comme un des concepteurs rigides de la politiques actuelle de Joseph Kabila. C’est lui qui a accéléré l’installation en catastrophe des nouvelles provinces en RDC, pierre sur laquelle finalement Moïse Katumbi, les 7 frondeurs exclus de la majorité présidentielle et cette majorité restructurée ont achoppé.
Boshab et Katumbi se parlent dans la tribune
Le 5e sacre africain du club le plus titré de RDC, Mazembe, n’est pas possible sans l’engagement personnel de son président, en termes d’entretien de l’équipe. Mais il fallait oublier ce qui divise, les inimitiés même. Katumbi et le gouvernement qu’a représenté Boshab ont su le faire. Du moins pour la face. L’ex gouverneur du Katanga a même remercié « les autorités de l’opposition et de la majorité ».
Pas assez de contestations, même si dans les gradins, certains supporters auraient voulu voir la coupe ne pas passer par les mains du vice premier ministre, pour des actions politiques qui l’opposent de Katumbi. Erreur ou acte d’une révolte ? Du vice premier ministre au président du TP Mazembe, la coupe est arrivée au capitaine, déviant le ministre des sports. Le protocole, le foot ne connaît pas ?
Josel Kimwaki donne la coupe, à la surprise des habitués du protocole, à l’opposant Vital Kamerhe et passe le ministre des sports. De quoi attiser des commentaires. « C’est bien fait. Il ne le mérite pas ce ministre qui a traité les gens du TP Mazembe de villageois », commente un fanatique. Il a même été constaté à sa nomination, par des irréductibles de Mazembe.
Succès de foot de Mazembe, un gain politique ?
La politique a failli s’inviter malgré tout à cette fête du football africain. D’abord, une bousculade au guichet du TP Mazembe lorsque les fans apprennent qu’il n’y a plus de billets. Ce qui signifie, ne pas suivre la finale en live. Face à la colère, la police largue une grenade lacrymogène, vendredi 6 novembre, dans la foule. Au moins 50 personnes ont été blessées. Ensuite, une représentation remarquable de l’opposition avec le binôme Kamerhe-Katumbi, en présence des membres du gouvernement. L’échec du TP aurait peut-être suscité la colère des fanatiques, tant les rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux sur l’intention des adversaires de Katumbi de faire échec à Mazembe pour le réduire au silence.
Le succès, à l’inverse, permet à ceux qui croient en Moïse Katumbi, d’entrevoir la victoire de l’opposition sur la majorité présidentielle. En tout cas, Katumbi aurait beaucoup perdu si son équipe avait perdu cette coupe, en ce moment où il a besoin d’accroître sa popularité. Ainsi se sont croisés politique et football, sans faire des victimes.
Un habitant de Lubumbashi, tout joyeux de la victoire de son pays, lançait dimanche 8 novembre : « si les politiques pouvaient se comporter tous les jours comme devant cette coupe, on ne perdrait aucune vie. Vous perdez, acceptez que l’autre soit le meilleur. »