RDC: Matata défend un budget de plus de 8 milliards de USD pour 2016

Matata Ponyo, premier ministre de RDC. Source: tele24live.com, 2013
L’assemblée nationale de RDC étudie depuis le 26 octobre 2015 le budget 2016 évalué à plus de 8 milliards de dollars, en régression de 0,7% par rapport à celui de 2015. Matata Ponyo compte les élections, au cœur d’une controverse entre pouvoir et opposition : 6,37% du budget global. Difficile que ce budget couvre les 7 scrutins programmés en début de l’année par la CENI. « Les législatives et la présidentielle d’abord», propose un député.
Un budget en baisse de 0,7% par rapport à celui de 2015 chiffré à 8.496,3 milliards des FC. L’apport extérieur est chiffré à 1.413,9 milliards soit 16, 64% du budget global.
Un contexte économique inquiétant
La baisse des cours du cuivre, principal produit d’exportation du pays, de 7 millions de dollars à 5, pèse sur ce budget en baisse. Matata a pris des mesures austères, pour combler le manque à gagner causé par cette chute.

Les frais de missions à l’étrangers sont réduits, y compris la taille des délégations et missions diplomatiques. Et, sans dire concrètement comment il compte s’y prendre, le premier ministre  annonce une diversification des secteurs de productions : passer « de l’économie de rente à l’économie de production. »
Visiblement, Matata n’a pas encore trouvé comment il va combler le gap. KCC, filiale de Glencore qui a annoncé une réduction de sa production de cuivre et cobalt sur 18 mois, et qui licencie déjà Kolwezi, produisait près de 15% de la production minière du pays. « Cela priverait les congolais de 200 milliards des francs congolais au cours de l’exercice prochain », estime le premier ministre.
500 milliards de dollars pour les élections
Le gouvernement prévoit 537,8 millions dont 500 sur fonds propres soit 5,92%. Le reste de ressources vient des apports extérieurs. Le premier ministre ne dit pas à quelles élections ce budget sera consacré. Surement, il ne pourra suffire pour les 7 évalués à 1,2 milliards de USD.
Députés nationaux à l'assemblée. Source: butembo11.net
Un député propose que le gouvernement, la CENI et le parlement, décident d’aller directement aux législatives et la présidentielle. Car pour lui, il y a de l’argent pour ça. Quant aux locales, il propose de les décaler d’une année. Applaudissements et hurlement se mêlent dans l’entretemps.
Les six axes du budget 2016 de RDC
Outre les élections, le budget sous étude à l’assemblée nationale ne connaît pas d’innovations phares. Le gouvernement l’oriente en 6 axes :
  1. 2396, 6 milliards des FC soit 33,3% : l’organisation des élections, la mise en place des nouvelles provinces, fonctionnement des institutions.
  2. 32,1% : écoles, santé, eau potable, électricité en milieu rural.
  3. 29,4% : extension du parc agro industriel, barrage Inga, etc.
  4. 3,8% : construction et modernisation des infrastructures de base ; routes et ports.
  5. 0,7% : éducation à la nouvelle citoyenneté, promotion des étudiants doctorants.
  6. 0,7% : rapatriement des diplomates en fin de carrière, amélioration des conditions sociales des diplomates, contribution aux organismes internationaux.
Les critiques des députés
Au premier trimestre, le budget 2015 n’a été exécuté à 21%. Trop faible selon les députés, y compris même au sein de la majorité au pouvoir. Plusieurs ont dénoncé le manque de contrôle, mais surtout l’absence de sanction. Des auteurs de détournements sont identifiés, parfois même révoqués sur décision officielle présidentielle. Pas de poursuites judiciaires.

Un autre, au-delà de la soixantaine, s’adressant à Matata Ponyo a lancé : « l’exécutif de RDC ne changera pas parce qu’il est en pilotage automatique. » Pour lui, Matata utilise des mots vains, qui ne signifient pas grand-chose : « poursuite des réformes administrative », « redynamisation de la décentralisation »…. Le budget devant se montrer plus concret. « Vous avez accentué l’extraversion de l’économie », a-t-il conclu.