Les oppositions congolaises, comme dans Wenge et CPCO !

« Opposition citoyenne », le nom d’une nouvelle opposition politique en RDC, cette fois, œuvre du député Bitakwira qui vient de quitter l’UNC de Vital Kamerhe. C’est ainsi qu’il entend dire à Vital Kamerhe qu’il est aussi capable de ranger des mondes derrière lui. Les oppositions en RDC, c’est comme Wenge, un peu comme les 30e CPCO.

Opposition citoyenne ? Pas de quoi rire. Mais peut-être, est-il venu le temps de voir clairement les oppositions congolaises. Plusieurs sont comme des boutiques, au profit des présidents des partis. On reproche au pouvoir de ne pas offrir plus de démocratie, mais au sein des oppositions, la démocratie n’est pas toujours à l’heure. Là n’est pas le principal. Opposition citoyenne, opposition républicaine, opposition modérée, opposition radicale, opposition tout court, et qui sait, peut-être opposition tout long ! On aura tout vu. L'indignation ne manque pas, comme ce politicien katangais:



Source: Radio Okapi 





Ce n’est pas étonnant, en effet. Le sectarisme, quitter et ouvrir sa boîte, ça n’étonne plus ; on quitte d’abord, même si on sait qu’on ne pourra pas faire long feu. Et ce n’est pas toujours pour des raisons très lourdes. On peut facilement quitter son parti parce qu’on a été blâmé pour n’avoir pas respecté la discipline du parti qui interdit par exemple, de participer à une rencontre politique. Question de liberté, en effet. Respecter les normes de son parti, pour autant qu’elles restent conformes à la loi, c’est comme respecter la constitution.
Par moment, les politiques ont pour modèles les musiciens et c’est du type Wenge. En fin du 20e siècle, Wenge passait des cimes aux enfers sans transition. On a eu alors Wenge BCBG, Wenge El Paris, Wenge Maison Mère, Wenge Tonia Tonia, Wenge… bref, tout était Wenge. Et tant mieux pour ces orchestres qui ont pu émerger ! Mais quel désastre pour ceux qui ne pouvaient pas émerger faute de véritable management et de vraie vision pour l’avenir ? Le talent ne suffit, il a besoin de beaucoup d’autres facteurs. Autant pour la politique. Malgré leur nombre, les partis de l’opposition n’ont pas pu proposer mieux que le pouvoir en place.
Certaines rébellions-partis politiques sont devenues célèbres par leurs divisions. Le Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, en l’occurrence : RCD KML, RCD Goma, RCD Kisangani, etc. Et ce n’est pas la majorité au pouvoir qui peut se taper la poitrine pour dire son unité. Une majorité, mais quel mélange ! Servir le peuple ne peut que venir après avoir tenté de satisfaire toute la marmaille de signataires de la charte de la majorité. Certains n’arrêtent pas de changer de camp.
Ces scissiparités politiques se ramifient jusque dans les églises. Quelle Babel, les églises ! Catholiques, méthodistes et luthériens n’y échappent que péniblement ! Les Eglises de réveil au Congo (ERC) trônent sans partage dans le concert des divisions. On n’arrivera pas à compter les CPCO, Communautés pentecôtistes du Congo : les 30e CPCO sont légions, les 90e également !

Que cherchent-ils ces opposants politiques ? Depuis 2006, ils n’ont jamais réussi de se choisir un porte-parole de l’opposition comme le veut la constitution du pays, alors qu’ils sont devenus des meilleurs donneurs de leçon sur le respect de la Constitution. Se mettre d’accord sur une action politique pour le bien du pays est déjà chose difficile. Comment imaginer qu’ils s’accordent avec le pouvoir pour quelque raison que ce soit ? S’opposer devient une fin en soi.