Identité katangaise ou nostalgie du Katanga finissant

La fin du Katanga fait mal à plusieurs. Si au 30 juin les nouvelles provinces ne sont pas entrées en fonctions comme promis par Kinshasa, il n’est pas de doute que désormais les katangais regardent plus vers leurs nouvelles provinces. Pourtant, des leaders politiques et non des moindres de cette province finissante, tentent encore de croire en une identité katangaise. En témoigne, le monument dit Place de l’identité katangaise, inauguré le 30 juin 2015 par Moïse Katumbi et Gabriel Kyungu wa Kumwanza.
Monument Place de l'Identité Katangaise. Photo Auguy Kasongo
Moïse Katumbi que d’aucuns voient comme principal cible du découpage territorial inattendu en 2015, recourt à l’histoire pour appeler les katangais à ne pas oublier le Katanga, « l’identité katangaise ». Le monument placé au Carrefour, sur l’avenue Lumumba, est une espèce de stèle en forme d’une table au-dessus de laquelle sont juchées quatre personnes : deux hommes et deux femmes, mains dans la main, formant un cercle. Suffisant pour dire unité, union. Deux de ces quatre sont femmes, une porteuse des rondeurs comme pour dire la femme du sud du Katanga, ce qui équivaut à la future province du Haut Katanga. L’artiste qui l’a conçue pense à une Lamba. L’autre femme, un peu svelte, est présentée comme une lunda, pour désigner la province du Lualaba. Les deux hommes sont un Luba pour la province du Haut Lomami et un "Hemba" ou quelqu’un de la région, pour le Tanganyika.

Monument Place de l'Identité Katangaise. Photo Auguy Kasongo
Recourt à l’histoire
C’est un recourt à l’histoire où déjà, Godefroid Munongo, président de la Conakat, ce parti qui donna Moïse Chombe premier gouverneur du Katanga, congolais d’origine. Godefroid Munongo, à en croire Raymond Muyumba Maila qui félicite Moïse Katumbi de réhabiliter l’histoire et la mémoire, avait érigé un monument du genre pour symboliser l’identité Katanga, l’unité du Katanga. Recourir à ce personnage n’est sans doute pas un fait sans signification dans une opération de communication politique. C’est un symbole.
Le gouverneur du Katanga s’était déjà montré frileux à propos du découpage territorial, estimant que le moment n’est pas propice. Kyungu wa Kumwanza connu comme baba (père) du Katanga ne cache pas non plus son opposition.
Au carrefour
Le lieu choisi pour ce monument est lui-même loin d’être anodin. C’est au carrefour des routes vers le campus de l’Université de Lubumbashi, vers le centre-ville, le Golf et l’aéroport de Luano. Difficile de ne pas le voir et de lire l’inscription « Place de l’identité katangaise ». Cet endroit a abrité jusqu’en 2013 le monument du Soldat du peuple, Laurent-Désiré Kabila, brisant des chaînes pour dire liberté. On ignore pourquoi il a été déplacé vers l’aéroport en remplacé par un autre en cuivre, cela fait environ 3 ans.
Monument Place de l'identité katangaise vue d'en bas. Ph. Auguy Kasongo
Rester uni
L’inconnue dans cette communication on ne peut plus clairement exprimée, c’est ce que va en penser Kinshasa. Au moins on sait que le sens donné à ce monument se veut net, à en croire Kyungu wa Kumwanza à l’inauguration : l’initiateur appelle simplement les katangais à ne pas oublier leurs valeurs, malgré la naissance des nouvelles provinces.

Identité katangaise, c’est probablement grandeur, unité et influence politique en RDC. Et bien entendu, la tendance à être une référence, d’après le commentaire d’un politicien. C’est une référence à l’économie, à l’université qui a formé plusieurs leaders de la société congolaise, et bien entendu à la politique.