Équité pour les vendeurs ambulants en RDC

Les vendeurs ambulants sont traqués depuis près d’une semaine à Lubumbashi, accusés de salir la ville. Surtout, les vendeurs réguliers veulent qu’on les en débarrasse, parce qu’ils leur arrachent la clientèle. D’ailleurs, on s’en fout qu’ils perdent des marchandises ou que leurs familles crèvent de faim.
Un étalage de vente au marché Mze, à Lubumbashi. Ph. M3 Didier
Jeudi 25 juin, à 17 heures, un groupe de femmes accompagnées des enfants présentés comme des veuves et orphelins des militaires du camp Vangu, un camp jouxtant le centre-ville de Lubumbashi, descendent dans la rue pour manifester. Ils vont dénoncer au gouverneur une traque impitoyable par les policiers et les civils. Des cas des violences ont été aussi rapportés. « Tout ce que j’avais pour nourrir ma famille a été pris », explique une femme. Les marchandises arrachées n’arrivent pourtant pas au commissariat de police.
Ces vendeurs ambulants, ne paient ni taxe ni impôt, mais s’ils sont là, c’est surtout parce qu’ils paient, peut-être un peu plus, à des responsables qui ne remettent pas reçu de perception. Leurs activités gênent sans doute le marché régulier, dans cette ville où tout le monde se veut pressé ; payer
papiers de toilette, riz et sucre évite parfois de faire la queue dans les magasins. Mais il semble aussi que ces vendeurs s’adressent à un public très précis, qui leur ressemble économiquement parlant. Pas de véritable pouvoir d’achat, pas non plus de capitaux suffisants pour leurs activités. C’est pourquoi ils occupent les arrêts de bus et les abords des églises, et c’est aux heures de grande circulation. Pas de mauvais marketeurs, en effet ! Mais voilà qu’un jour après la marche des veuves et orphelins, les vendeurs réguliers sont eux aussi suivi la route des ambulants, jusqu’aux mêmes autorités. Ils leurs demandent de les débarrasser de ces vendeurs que l’on traque.
Infographie, M3 Didier
Insouciance
A Lubumbashi, malgré le nombre des églises, c’est le chacun pour soi, Dieu celui qui y croit. Pas du tout de compassion, et la solidarité, en effet. C’est probablement parce que chacun essaie de survivre selon sa méthode. Seulement, la méthode des vendeurs ambulants, personne n’en veut ! Un bourgmestre demande à ces vendeurs dits aussi « à la sauvette » d’entrer au marcher et y occuper des étalages. Mais voyons, avec un capital qui n’atteint pas 30 dollars ? En plus, qui dit vendeur à la sauvette ou ambulant dit qu’ils vont chercher les acheteurs où ils sont. Les sédentaires eux, ils n’ont qu’à concevoir de nouvelles méthodes au lieu de pleurnicher.
Ils salissent la ville ? Mais les services de nettoyage laissent pourrir et déborder les poubelles publiques sans les évacuer, comme s’ils attendaient que la ville ne se salisse jamais pour ne passer qu’une fois la semaine. En plus, la mairie et les bureaux communaux ne peuvent pas être désignés comme références en matière de la salubrité. Bien au contraire !
L’emploi pour concilier
« On peut bien les traquer, parce qu’il faut que la ville soit propre. Mais il faut trouver un moyen d’encadrer ces vendeurs. » Il ajoute qu’il faut surtout « créer des conditions qui favorisent la création des richesses », les emplois par exemple. Bon, ça c’est à enseigner à l’Université.  On se contente de la courte vision du phénomène qui n’évite pas de stigmatiser des personnes et des communautés. Il est répandu, parmi les habitants de Lubumbashi, que nombre de ces vendeurs ambulants viennent d’ailleurs. Ceci expliquant cela !
Je ne conçois pourtant pas que des villes deviennent des marchés à ciel ouvert. Mais pourquoi ne pas définir des endroits, des avenues, des jours et des heures pour occuper ces personnes ? De cette manière, les perceptions issues de ces vendeurs pourront enfin entrer dans le trésor public et on n’aura pas importuné ceux qui essaient de survivre. On les chasse depuis 2000, en effet, et depuis cette année pourtant, ils n’arrêtent de croître. Ça ne fait pas réfléchir ?
Trois Lubumbashi non conciliés
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