Les balles
crépitent nuitamment, des gens meurent, les bandits volent et violent.
Lubumbashi fait peur depuis environ
deux mois. Circuler la nuit, déjà à 20
heures, est difficile dans certains quartiers.
![]() |
Dessin T-Tshim | Source: Journal Mwana Inchi |
Vol, viol
Le domicile du député Jacques Kabanda de l’UNAFEC,
parti d’Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza a été attaqué la nuit du 19 au 20
mai. Les voleurs ont forcé la porte avec une barre de mine et s’y sont
introduits avec une violence qui choque plusieurs personnes. Ils ont blessé à
la poitrine par balle le député, son épouse à la gorge (et trois autres en plus !)
et une de ses filles gravement atteinte par plusieurs balles. Des témoignages
recueillis font état même de viol sur deux filles du député. Les voleurs qui
demandaient une vingtaine de milliers de dollars se sont enfuis. Les victimes
elles sont internées dans un hôpital. Viser un député pour lui voler de l’argent,
c’est possible. D’après Radio Okapi, l’Unafec lie cet incident à l’insécurité
qui frappe Lubumbashi. Mais tirer sur lui et sa famille, puis violer même trois
filles qu’ils ont emportées et relâchées deux heures plus tard, en pleine
préparation des élections, cela paraît plutôt suspect. Les voleurs eux, ils ont visité d’autres
maisons où ils ont emporté des biens.
Ainsi va
Lubumbashi
Pour la première fois depuis près de deux mois, les
autorités semblent enfin prendre la vraie mesure de l’insécurité grandissante à
Lubumbashi. Un conseil urbain de sécurité s’est tenu le mercredi même à la
mairie de la ville. Deux jours avant, le numéro un de la police a présenté au
gouverneur des personnes arrêtées en train de voler. Deux d’entre elles sont
policiers.
« On est
heureux seulement durant la journée. Lorsque le soir vient, on se pose des
questions ». Témoignage d’un
habitant de la commune Katuba où plusieurs maisons ont été attaquées nuitamment
par des voleurs. C’est la commune habitée aussi par le député attaqué
nuitamment. Un commerçant a vu piller sa boutique, perdant en plus 7.000 dollars
américains. « Personne pour venir à
l’aide. Il n’y a pas de poste de police dans les environs. » La situation
est générale. La police est dépassée par l’étendue d’une ville qui n’arrête pas
d’étendre ses tentacules. Des postes de police sont créés avec seulement deux
ou trois policiers.
La police même est
inquiétée
Au Plateau Karavia, un nouveau quartier situé à l’Ouest
de la ville, un poste de police a été installé lundi 18 mai après les plaintes
de la population plusieurs fois inquiétée par des voleurs. La première nuit, le
poste a été le premier attaqué, obligeant les policiers à s’en fuir avec leurs
armes.
« Eux qui
sont armés ont fui. Et nous ? »
interroge un femme du quartier. Elle ajoute : « le matin, nous sommes sortis voir les policiers qu’on nous a
amenés : des vieux ! On amène des vieux pour sécuriser un quartier » (environ
3 km2)? Un peu plus d’un mois avant, Lubumbashi a passé une série de
meurtres attribués aux voleurs. En représailles, les jeunes des quartiers
organisés en « groupes » pour vigiler ont tué dans moins d’une
semaine, 3 voleurs en uniformes de la police et de l’armée, portant des armes
en plus.
Commentaires
Enregistrer un commentaire
Comment trouvez-vous ce texte? Laissez ici votre commentaire, svp !