Pays
Sans Budget, la RDC vue d’Adolphe Muzito est « en
faillite », prépare provinces elles-mêmes « en faillite » dès
leur installation. L’échec semble inéluctable surtout que découpage est combiné avec élections qui tous les deux demandent de l’argent. De l’argent qui manque et
à mobiliser on ne sait comment. Muzito propose de reporter à 2021 les locales
et en amont, procéder à la préparation des infrastructures des Entités
territoriales décentralisées (ETD). Critique,
il n’échappe pas non plus aux critiques, lui qui a été premier ministre il n’y
a pas longtemps.
Un Etat en faillite
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Adolphe Muzito, premier ministre de RDC (2008-2011). Ph. Okapi.net |
Depuis
2001, la RDC connaît un accroissement économique digne d’être félicité. De 300
millions de dollars, son budget est passé à 6 milliards en 2015, écrit Muzito.
Microscopique, hélas, au regard des défis qui se posent à ce pays de 2,3
millions de km2 avec plus de 70 millions d’âmes, que peut faire ce
budget ? Il doit pourtant organiser l’élection provinciale en 2015 et
surtout, un découpage ignoré par les prévisions budgétaires de l’année en
cours. Adolphe Muzito qui a pourtant environ 4 ans au cours de ces années,
constate la « faillite de l’Etat ».
Surtout, cet Etat n’a pas d’argent pour
payer le personnel politique et administratif des 25 provinces à
installer
d’ici au 30 juin. Déjà, il peine à payer ses
factures d’eau et d’électricité, à subventionner les entreprises publiques, le
salaire de quelques 250.000 enseignants, ou encore payer sa dette intérieure, note
le numéro 2 du Parti Lumumbiste unifié (PALU).
Les nouvelles provinces : faillite avant de naître
« En 2016, les 1.433
ETD seront dans leur quasi-totalité en faillite, puisqu’elles ne disposeront
pas de crédits nécessaires, soit 150 milliards de FC pour financer leur
fonctionnement et payer les salaires des élus et du personnel
administratif » écrit l’ancien premier ministre.
Passé le 30 juin 2015
(les 26 provinces installées) et les
nouvelles élections finies, la RDC comptera 1.433
Entités Territoriales Décentralisées (ETD) dont 97 villes, 336 communes
urbaines, 267 communes rurales, 474 secteurs et 259 chefferies. Le personnel politique des institutions
locales aura un effectif de près de 40.948 dont 16.452 élus comprenant. A cela s’ajoutent 2.963 Echevins dont 291 urbains,
1.206 communaux et 1.466 pour les secteurs et chefferies. Argent à
chercher en 2016, « l’impact annuel des
rémunérations [étant] de 110 milliards de FC ». En novembre 2011, il avait déjà dit que la RDC n'est pas un pays riche. Il faut au moins 170
millions des FDC supplémentaires pour que chacune des Entités territoriales
décentralisées (ETD) reçoive au moins 14 millions des Francs Congolais. La caisse
nationale de péréquation n’existe pas. Et même si elle venait à être votée et
créée dans les jours à venir, elle n’engrangera pas suffisamment de fonds pour
jouer son rôle. Hormis l’Ituri et le Haut Katanga, toutes les provinces en
auront besoin.
Risque de trop de pression fiscale sur la
population
Dans sa récente tribune, Adolphe Muzito
écrit que le gouvernement « a toujours tendance » à améliorer le
train de vie de l’Etat et oublie les priorités pour la population. Les efforts
du gouvernement à minimiser certaines de ces faiblesses tendront à réduire les
dépenses visant à développer les projets à impact direct pour les populations
comme les routes de desserte agricole. Il y a risque, et ça ce n’est pas
Muzito, que pour survivre et éviter la honte de l’échec, les nouvelles provinces
et les ETD vont peser davantage sur la population avec des charges qui risquent
de l’appauvrir davantage ou de donner l’impression que les nouvelles provinces
ne sont pas réellement l’aubaine annoncée. La nostalgie des anciennes
provinces pourrait alors ennuyer les nouveaux dirigeants des provinces et l’Etat
central.
La réflexion de Muzito, assez courageuse qu’elle
paraisse, est critiquée par le fait que l’homme a été premier ministre. Rien
n’a été malheureusement réalisé en vue d’améliorer ces faits qu’il déplore qui
du reste ne sont pas nouveaux. Hormis l’accélération du découpage et les élections
globales ! Dans ses deux tribunes, il ne fait nullement mention à ce qu’il
aurait dû faire ou qu’il a réalisé en préparation du découpage territorial
prévu par la constitution depuis 2006.
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