L’année 2014 a fini avec par une
crise de confiance entre acteurs politiques et de la société civile, des échecs
qui ont conduit aux troubles du 19 au 23 janvier. Et on semble ne pas en finir,
puisqu’après il y a Y’en a marre, Filimbi, Luchi et les frondeurs de la Majorité présidentielle inquiets de
leur avenir et de celui de la nation. Curieusement, c’est pendant ce temps d’incertitudes et des discussions attendues sur le calendrier électoral que s’accélère le presqu’oublié processus de décentralisation.
Une population fortement pauvre

semble ne pas réussir. Et les souffrants de faim et des libertés sont là! Le principal problème est donc cette pauvreté, la vallée qui sépare les politiques, (sans distinction par moment étant donné que plusieurs changent des camps au gré des humeurs ou des intérêts privés) est difficile à évaluer. On a des citoyens qui ne manquent de rien du tout grâce aux ressources du pays (y compris taxes et impôts auxquels plusieurs échappent) et des simples gens qui passent le gros de leur vie à chercher à manger au quotidien. Devant les notables katangais, Joseph Kabila annonçait vouloir créer une classe moyenne en vue de réduire la pauvreté, « le vrai ennemi du pays », disait-il. Un mois avant, au congrès, il annonçait des chiffres faramineux :
« Les exportations de cuivre qui en 2004 se situaient à 7.400 tonnes, ont atteint 922.000 tonnes en fin 2013. Sur la même période, celles de cobalt et d’or ont (sic) respectivement passé de 1200 tonnes à 76.000 tonnes ; et de 12 kg d’or à 6000. »Le PIB a augmenté, l’économie s’est stabilisée, mais moins d’emploi et la population urbaine se paupérise, les villages eux se vident de leurs habitants qui espèrent aller "se reposer en ville." Il ne reste que moins de deux ans au chef de l’Etat. « Quand cela se réalisera-t-il ?», demandent plusieurs congolais.
Plongés dans le non-respect de la
constitution
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Lubumbashi, Place de la Poste. Le 30 juin 2014. Photo M3 Didier |
Ce
découpage devait permettre de renforcer la démocratie à la base par des
élections à tous les niveaux ; mais surtout développer les provinces,
districts, territoires, groupements ou secteurs (entités décentralisées) avec
le concours et les moyens locaux et nationaux (rétrocession de 40% des recettes
à caractère national). En 2015, le budget national est d’un peu plus de 8
milliards de dollars américains avec près de la moitié attendue des partenaires
étrangers. Pour un pays de plus de 2,3 millions des kilomètres carrés avec les
quelques 80 millions d’âmes à nourrir et sécuriser, c’est un défi majeur. C’est
donc avec ce budget microscopique qu’en même temps que les élections qui
coûtent plus de 1,2 milliards de dollars qu’il faut installer les 26 provinces
dont 15 sont à créer. En tout, les estimations minimales sont de l’ordre de 3
milliards des dollars. Le pays devrait arrêter de fonctionner pour que ces
processus se réalisent.
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