Kidibuaké, la danse remarquable de Robert Kidiaba

« On reconnaît la valeur des fesses lorsqu’il est temps de s’asseoir », dit un proverbe congolais. Mais pas seulement. Kidiaba, ce désormais populaire gardien de but de l’équipe de football de RDC le sait bien. Les fesses, on a aussi besoin dans le football, et ça va plus loin. Ça inspire beaucoup de choses, en effet !
Le gardien de but congolais Kidiaba Muteba. Source: nyota.net
Les fesses, pour danser,  les fesses pour joueur au football, puis rebelote la danse ! Les fesses pour une liberté…
La danse !
Qui a dit qu’elle s’accompagnait toujours d’une musique, en fait, d’une musique chantée ? Roger Mila aurait été le premier à danser après avoir marqué un but. Depuis, on danse à chaque but, et ce ne sont pas les styles qui manquent. Styles ou caprices, cela dépend. En tout cas, chaque pays, chaque équipe se fait le sien dans le football. Même les cousins occidentaux chez qui, semble-t-il, il n’y a pas de danse dans le sang. Là, en effet, on va à l’école pour apprendre à danser !
Si les Magrébins eux s’obstinent à s’incliner fesses en l’air en direction de la Mecque, au risque de bombarder par malheur tous ceux qui sont derrière eux, le reste de l’Afrique, peut-être plus ou moins laïcisée (ou laïque) danse.
Kidibuaké, danse remarquable
Au pays de Koffi Olomide, Papa Wemba et Luambo Makiadi, on sait souvent quelle musique dansent les léopards ou les clubs lorsqu’ils ont marqué de but. Mais pour Kidiaba, on ne peut le savoir. Serait-il devenu anonyme, je veux dire de musique inexprimable ? Car, si généralement en dansant les stars du foot ne chantent pas, dans leurs cœurs montent quelques airs. Encore que leurs pas de danse sont des styles souvent à la mode dans la capitale Kinshasa, aussi capitale de danses et musique.
Des joueurs tunisiens imitant la danse de Kidiaba. Source: Rfi/Reuters
La danse sur les fesses de Kidiaba, elle, mérité d’être couverte d’une licence. A Abou Dhabi à la coupe du monde des clubs où Mazembe faisait sensation en arrivant en finale face à Inter de Milan, Kidiaba avait alors au monde, présenté sa marque déposée : le « Kidi buaké » qui, d’après ses explications, est une danse de la liberté.Alors qu’ils battaient au CHAN la RDC dont le TP Mazembe de Lubumbashi avait humilié l’Espérance de Tunis (5-0) en 2010, les Aigles de Carthage (majoritairement Espérance de Tunis face aux Léopards TP Mazembe en majorité) célébraient leur revanche en imitant la danse de Kidiaba. Une manière de narguer! Seulement, il s avaient échoué le morceau parce qu’ils n’avaient pas payé de licence!
Dans de la liberté
Ah, seulement plusieurs ignoraient comme moi, que les fesses avaient affaire à la liberté. Mais tout de suite, je me rends compte que dans toute danse, surtout à Kinshasa mais aussi en Afrique de l’ouest, ça bouge les fesses en pleine danse. Même lorsqu’on chante « ma chérie a des lolo » (de gros seins assez admirés à l’ouest au point que le groupe Magic System en a été inspiré dans une chanson), on ne manque pas de les filmer, les fesses.
Pour les porteuses des lolos, il me semble que le derrière assez fourni serve de contrepoids pour éviter de tituber. Et le grand artiste qu’il est, le bon Dieu a composé tout cela avec justesse. Les deux phénomènes sont aussi en proportions égales chez des hommes normaux, délestés des derrières chargés, étant donné que le devant est sec. Chez les miss, cette classe au milieu entre les lolos et les poitrines sèches masculines, il y a délestage de !, à la mesure du poids de la poitrine.
« On reconnaît la valeur des fesses lorsqu’il est temps de s’asseoir »

Il est vrai que Kidiaba voulait attirer l’attention du monde sur sa danse. Alors que tout le monde court, Kidaiba lui, roule sur ses derrières. Et le contraste marche et attire. Ce qui est frappant c’est qu’il ne danse que quand cela signifie victoire ou délivrance. Lorsqu’on a été mené au score et couvert de honte, comme dans cette rencontre revanchiste RDC vs Congo, la danse de Kidiaba trouve son sens de liberté : on est libre de marcher, de sauter, et les fesses, quelle que soit leur poids, s’assouplissent et on roule dessus! Le « On reconnaît la valeur des fesses lorsqu’il est temps de s’asseoir », sonne ici alors comme une reconnaissance tardive du potentiel de cohésion sociale à travers le sport, ici, le football. Et en RDC, malheureusement, ce sport boîte au grand dam des fans qui croient en leurs joueurs.