RDC : la loi électorale échauffe assemblée nationale et sénat

Aubin Minaku attaque Kengo wa Dondo

C’est confirmé, l’Assemblée nationale a voté le 25 janvier, en relecture, la loi électorale après les modifications du sénat : sans l’obligation du recensement de la population pour organiser la présidentielle et des législatives en RDC. Mais le président de la chambre haute du parlement a eu des mots qui insinuent un climat de frustration au parlement.
Aubin Minaku (g) et Lean Kengo wa Dondo (d).Source: www.hot243.com
L’opposition politique savoure sa victoire, mais le parlement se fissure, ou du moins en donne des signes, dans les discours. Léon Kengo wa Dondo, président du sénat, passe pour cet homme par qui le consensus est arrivé au tour de la controversée loi électorale, à l’origine de 42 morts entre le 19 et le 23 janvier. C’est en effet, l’institution qu’il dirige qui changé la formulation du fameux alinéa 3 de l’article 8 à qui faisait du recensement un préalable aux élections. L’Assemblée nationale l’a carrément supprimé.
Des divergences
L’opposition se félicite de ce dénouement. Une victoire du peuple, d’après Vital Kamerhe, leader de l’Union pour la nation congolaise. Kengo wa Dondo qui garde toujours sa casquette d’opposant n’en tire pas moins de dividende en termes d’estime et d’amélioration de l’image de marque, surtout qu’on lui reproche de rouler pour le pouvoir.
Mais à l’assemblée nationale où la version controversée de cette loi a été votée en l’absence de l’opposition, ce vote du sénat est une gifle. Les « sages » ont joué à l’apaisement contrairement aux « jeunes ». La réponse d’Aubin Minaku, président de l’assemblée nationale, est arrivée le dimanche. « Nous sommes les élus directes, vos élus, vos représentants », a-t-t-il insisté en langues nationales,
s’adressant aux congolais, comme Kengo deux jours avant. Sans doute il se sent un peu offusqué par celui à qui la constitution reconnaît la succession au chef de l’Etat en cas d’absence.
Plutôt que de dire parler d’un « consensus » trouvé entre politiques, le président de l’assemblée nationale se félicite d’un consensus trouvé « entre les deux chambres » du parlement congolais. Dans les faits, cela n’est pas faux. Mais, y aurait-il vraies divergences pour parler de consensus ? Le choix de ce terme insinue alors que l’assemblée nationale a agi sous pression, se trouvant « devant un fait accompli. » Dans ce cas, se féliciter d’un exercice démocratique, c’est une farce, mieux un mensonge ou un opportunisme. Puisque l’institution qu’il dirige a voté cette loi au mépris des bruits et des morts qu’il y a eu dehors au moment om ils siégeaient. Pourquoi alors consensus alors qu’il n’y a pas de rixe ou contradiction ?

Légitimité contre légalité
Source: digitalcongo.net
Minaku prononçait à peu près ces mots « c’est nous qui sommes vos élus directs. » Une vérité, mais cela sonne comme un message envoyé aux sénateurs élus au second degré et qui plus, sont hors mandat depuis 2011 et « sans légitimité », selon un débat confus et un peu bancal lancé sur Télé 50, une télévision très proche du président Kabila. Pourquoi soulever ce débat alors que la légalité reconnaît à ce sénat le droit de continuer ? En plus, une semaine avant les événements de Kinshasa et des Kivu, Lambert Mende se servait de cette situation de hors mandat pour justifier l’exercice de la démocratie et de la quiétude entre institutions. Un peu plus de deux semaines avant, le président Kabila évoquait le même exemple, dans la même dialectique. « L’hécatombe n’est pas arrivé », disait-il.

Et donc, sous-entendre aujourd’hui que le sénat ne soit pas en mesure de contredire une loi votée par des élus directs et légaux et « légitime », cela étonne. Surtout encore lorsque cela provient du pouvoir lui-même qui devrait résoudre ce cas de retard dans l’organisation des élections. Au moins, il est là le consensus, la loi a été votée et attend désormais une promulgation « dans les délais constitutionnels » ; c’est le principal. Le problème est-il résolu ? On le verra bien.