« Telema »,
arrête-toi ou « debout ! » en lingala, langue parlée dans la
capitale de la RDC, a été un des mots les plus utilisés aussi par les marcheurs
que par les réseaux sociaux, surtout Twitter où textes et images ont circulé à
grande vitesse. Appel à rester
« debout » ou à arrêter, le
concept prend du sens dans tous les sens, ou presque.
Certains ont perçu une confusion dans les revendications
des manifestants qui ont perturbé le cours des choses à Kinshasa, précipitant probablement le retour du
président Dos Santos venu pour des accords bilatéraux, dans le transport, mais
aussi parler de la situation de la RDC et des FRDL que l’ONU appelle à traquer.
Mais quand on sait que l’opposition a appelé depuis samedi 17 janvier à faire reculer
le parlement déterminé à voter la controversée loi électorale, le
« telema » sonne comme « arrête » ou arrête-toi ! »
« Telema »
Mais là n’est pas le principal. En disant
« Telema », sans doute les congolais se réfèrent à l’hymne national
chanté pour la première fois le 30 juin 1960 à l’accession à l’indépendance de
la République démocratique du Congo. Le « "Debout " Congolais»,
nom de cet hymne et premiers mots de ce poème d’un compositeur pris dans
l’effervescence de « sortir » du joug colonial, est un appel à
l’éveil. Pour certains, dans ce contexte, cet éveil appelle à l’éveil qui n’écarte
n’ignore pas du tout des rixes. C’est le « se prendre en
charge » répété à tout bout de chant en RDC. A propos de la défense de sa
nation ou la constitution, le message est clair percute ou est torpillé, c’est
selon ! Ce sens a beaucoup circulé lundi dernier 19 janvier à travers les réseaux
sociaux.
Contre Joseph
Kabila et son régime
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Le changement
Les indicateurs économiques du pays montrent une
bonne perspective depuis quelques années, la banque mondiale le confirme. Mais
les effets ne sont ressentis nulle part. Joseph Kabila a cru que séduire les
kinois avec des infrastructures imposantes comme le boulevard du 30 juin
constituerait un gage de succès pour lui dans la capitale. Mais la faim et la
pauvreté dans une capitale où circulent les proches des ministres avec des
billets de banque, les critiques et le désamour ne tardent. « On ne mange pas les routes et les bâtiments »,
ironise un jeune homme. Il y a aussi la corruption qui gangrène plusieurs
secteurs ; même la santé n’en reste pas moins touchée.

Le recensement
Difficile de comprendre que dans un pays où le
dernier recensement remonte à la fin des années 80, on boude cette opération. Aussi,
l’obstination du pouvoir à y arriver rebute. Dans ce pays où, à deux reprises,
des chars des combats ont circulé dans la capitale en 2006 et en 2011 après les
élections, chaque, fois, il vaut mieux poser les bases de la fin des
contestations parfois honteuses à la fin des cycles électoraux. Mais la
méfiance s’est érigée en norme inviolable.
Un contraste à
Kinshasa le 19 janvier
Un contraste était dans la capitale congolaise lundi
19 janvier : l’Angola représenté par son président Edouard dos Santos. Une
gifle, je crois. Ce pays sort d’une longue rébellion, qui a pris le temps que
dure, presque, l’insécurité dans l’Est de notre pays. Jonas Savimbi est mort,
il y a une dizaine d’années. Le pays s’est réunifié et la reconstruction est en
marche. L’Angola autrefois craint par les congolais à cause de son insécurité, il
est devenu un eldorado.
Qui a-t-on accueilli donc ? Un bel exemple de
volonté politique de développement ? Dommage qu’il porte la tête d’un
dictateur ! Pourtant il n’arrête pas d’impressionner le monde et même d’imposer
son pays sur la scène continentale.
Dans un pays où grouillent des milliers de sans
emploi et où la débrouille reste le seul moyen de survie pour les masses, au
plus fort des maladies et de la faim, « Telema » peut se révéler
encore plus dangereux si les politiques ne revoient pas leurs modus operandi. Surtout à l’heure des
télévisions et radios sans frontières, à l’ère de l’ubiquité et de presque l’omniscience
des internautes, après le Burkina, après les morts de Kinshasa Goma et Bukavu, …
on devrait se méfier de ce qui peut nuire encore à ce pays.
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