A Kinshasa, le
pouvoir semble n’éprouver pas du tout de regret pour les violences qui se sont
produites entre le 19 et le 22 janvier au sujet de la controversée loi
électorale. Invité sur France 24 le 26 janvier, le ministre Lambert Mende a eu
ces mots, parlant de la gestion des manifestations : « sur ce plan là, l’Etat existait mieux, était mieux peut-être sur
ce mode à Kinshasa qu’à Ouagadougou ».
Lambert Mende, porte-parole du gouvernement de RDC. Source: radiookapi.net |
« Je
vous rappelle qu’au Burkina Faso, le parlement n’a même pas commencé à se
réunir. En République démocratique du Congo, le parlement s’est réuni malgré la
décision de certains de nos collègues de l’opposition de l’empêcher de se réunir. C’est que, donc,
sur ce plan là, l’Etat existait mieux, était mieux peut-être sur ce mode à
Kinshasa qu’à Ouagadougou : le parlement a terminé son travail, il a même
voté une loi et le dialogue a prévalu en République démocratique du
Congo ; on n’a pas compté des foules comme au Burkina Faso, et pour tout
vous dire, la RDC n’est certainement pas le Burkina Faso. »
Bref, Kinshasa n’a pas peur. Pourtant, internet
reste en partie toujours coupé, surtout celui qui est ouvert au public. Les SMS
sont toujours coupés. Sans peur, on ne voit pas pourquoi ces mesures décriées continuent
à courir.
Pas de Burkina en RDC, mais...
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Lambert Mende, à gauche, sur le plateau de France 24. Capture d'écran |
Il est vrai que Kinshasa n’a pas vécu le Burkina
Faso comme certains l’attendaient. Mais la comparaison du ministre des médias sur
France 24 débouche malheureusement sur des compréhensions dangereuses. Etre un « Etat
mieux … », entre Kinshasa et Ouagadougou, est-ce tirer sur les manifestants
ou éviter un bain de sang ? Seulement il oublie que Ouagadougou a été
presque surpris par le mouvement ayant conduit au départ de Compaoré. Mais Kinshasa
lui, a eu le temps de se préparer à cette éventualité.
Autre chose qui étonne dans cette interview de Mende
sur France 24 c’est qu’il persiste et signe, il n’y a eu que 14 morts et des
pilleurs et non 42 comme donné par l’opposition et des ONG congolaises.
Surtout, la définition ou le sens qu’il donne à un Etat qui existe mieux
correspond aux mesures ayant conduit à mâter cette marche à l’origine des morts
et des blessés. Un Etat qui existe mieux tire sur les civils et contrairement,
celui qui ne l’a pas fait existe moins bien.
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