Le consensus
attendu du sénat semble arrivé enfin. L’article 8 de la controversée nouvelle
loi électorale a été modifié, ou en fait, reformulé autrement. Le recensement
de la population posé en préalable à l’organisation des législatives et de la
présidentielle attendues en 2016, comme prévu par le texte voté à la chambre
basse, a simplement disparu.
Le diable dans
le détail
![]() |
Marche du 19 janvier 2015 à Kinshasa |
Finie donc cette subordination des élections au
recensement. Pourtant, le flou ne semble pas complètement disparaitre, même s’il
est entendu clairement que l’on devra oublier la crainte de voir le recensement
se prolonger au-delà de 2016. La nouvelle reformulation place un nouveau
préalable à la place du premier : « les
données démographiques ».
Ces données démographiques, par quel procédé
seront-elles obtenues ? La loi ne le dit pas clairement. Il est possible
que ce soit l’office de l’identification (ONIP) qui s’en charge. Il pourrait ne
pas s’agir réellement de recueillir toutes les données nécessaires à la manière
d’un recensement, mais de ce qui peut permettre d’organiser les élections. Sera-t-il
alors pareil à l’enrôlement des électeurs à la manière de la CENI en 2006 et en
2011, enfin, en marge de ces scrutins ? Difficile de spéculer pour le
moment ! C’est peut-être en voulant définir et éclairer tout cela que les spécialistes décèleront les
subtilités, s’il y en a.
Le nouveau texte
de l’article 8
Le nouveau texte oblige la CENI à publier un mois
avant, la liste des électeurs par centre des votes, afficher la liste
électorale au moins 15 jours avant (dans la capitale). Pour la présidentielle
et les
législatives, l’actualisation de la liste électorale se fait « dans les délais constitutionnels et
légaux prévus ».
« A
l’ouverture de chaque bureau de vote, les listes définitives des électeurs
visées à l’alinéa 1er ci-dessus sont affichées et restent en place pendant
le déroulement du scrutin. Elles reprennent pour chaque électeur : 1. Le
nom 2. Le post-nom et le prénom 3. Le lieu et la date de naissance 4. Le sexe
5. L’adresse du domicile ou de la résidence actuelle 6. La photo »
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Kengo wa Dondo, président du Sénat RDC. Source: radiookapi.net |
Reste à savoir réellement à quoi ressemble ce délai
constitutionnel, dans un contexte infesté par les suspicions entre pouvoir et
opposition et les événements du 19 au 22 janvier. La constitution, en effet,
demande de convoquer les élections 3 mois avant l’expiration du mandat du président
en exercice. Mais elle permet aussi à ce dernier de rester en exercice jusqu’à
l’installation d’un nouveau président élu. Ceci implique une prolongation, en
cas de force majeure. Tout cela, nous l’espérons, sera explicité par les
experts dès demain. Une chose au moins est sûre, le pouvoir veut tempérer le
climat. Et, le président du Sénat pourrait en sortir auréolé, d’avoir
finalement éteint le feu.
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