Bobo Babimbi « Le Crocodile du Botswanga » (suite et fin)

Un président, ça doit inspirer la peur, le respect. Le président Bobo, le sait bien. Il est un crocodile. Comment faire pour qu’il retrouve une certaine sagesse africaine assise loin de lui ? Créer un ministère du proverbe botswangais pour relever ses lacunes ? finit-il par réaliser que sa place est ailleurs ?
« Mobutu a le léopards, Bobo le roi aux crocodiles »
Président Bobo. Capture d'écran
Malgré ses limites, on ne lui dit pas non, le président Bobo Babimbi qui règne tranquillement sur le Botswanga, un pays où rien ne se fait sans la volonté du chef. Il amie Mobutu. « Mobutu a le léopards, Bobo le roi aux crocodiles » ! C’est la formule par laquelle il veut lui ressembler. Un peu le Mobutu dans l’eau, pas en forêt ou dans la savane. Il ne se couvre pas de la peau de Léopard, mais de crocodile. L’un et l’autre restent dangereux, impitoyables. Le crocodile verse ses larmes un jour au cours d’un discours, comme le fit le léopard à l’avènement de la démocratie au Zaïre. Au plus fort de cette allégorie de dictature primaire, le président Bobo botswangise commerce, politique, sports, … tout enfin, comme son maître à la zaïrianisation.

Un président omnipotent
Didier, le manager du footballeur par qui il est arrivé au Botswana, apprend avec stupeur, qui est Bobo. Ils sont à la loge des crocodiles. « C’est de l’opposant ! » répond sans gêne Bobo lorsque Didier demande de quel animal était la chair qu’il jetait aux bêtes. Autant dire que les opposants ne sont pas les bienvenus dans cette démocratie. Cela est fréquent dans plusieurs pays. S’ils ne sont pas tués physiquement, on s’arrange pour les forcer à fuir leurs pays. Cela permet d’agir comme le veut.
Le chef, le guide dicte tout, sait tout, voit tout, connaît tout, entend tout et ne manque de rien. Les ministres et conseillers ? Ils sont régulièrement conseillés par le président. Lorsqu’il crie démocratie, il dit fascisme et populisme. Pourquoi une opposition ?
Président Bobo et son fils Bobo junior qu'il craint: un coup d'Etat? Capture d'écran
Jusqu’à l’hyperbole, l’acteur Thomas Ngijol alias Bobo Babimbi, joue bien le Mobutu. L’une des dictatures bestiales d’Afrique mais pas l’unique. Il manque d’expérience en tout et ignore jusqu’à l’ABC de la diplomatie. Ce qui lui donne le droit de narguer et d’humilier des diplomates étrangers. Son entourage, même des étrangers qu’il ne craint pas par le fait de la corruption, l’encense éperdument. Difficile de faire remarquer les erreurs, les dérives.
Obsessions
La flatterie est une règle pour s’en faire pleins les poches dans cette jungle. Au Burkina, on a fait de même jusqu’à la minute où Compaoré ne pouvait reculer. Au Rwanda, en RDC, au Congo, au Cameroun, etc. on agit de même.
Le pouvoir est devenu une obsession pour le président du Botswanga. Il soupçonne tout le monde, même son propre fils qui n’a que 6 ou 7 ans. Il craint qu’il le renverse un jour, parce qu’il a osé dire qu’il sera un jour président.
Les mallettes
Les mallettes de la France-Afrique sont là. Et cette fois, ce ne sont pas des Bourgies qui les portent, mais les concernés eux-mêmes. Peut-être un ton bien choisi pour dire qu’à l’ère de la République exemplaire à l’Hexagone, seuls les modus operandi ont changé. Un émissaire français qui demande d’arrêter le contrat d’exploitation du bois par les chinois n’a pas plus le souci de préserver l’écosystème botswangais que d’obtenait le même contrat, à faible coût. C’est sans doute à prix imposé et en échange, on assure la sécurité, on pérennise le pouvoir du dictateur. On ne défie pas l’Occident sans perdre son fauteuil ou en mourir.
Président Bobo humilié après un coup d'Etat. Capture d'écran
Le début de la fin
Lorsque le Capitaine Yaya réalise son coup d’Etat, Didier, un « étranger » identifié à la France, est là comme pour tout avaliser le coup d’Etat, même si aussitôt le calme redevenu au Botswanga, il regagne son pays.
Jacqueline, la première dame du Botswanga, aura probablement vu venir la fin. Bobo fêtait la paix retrouvée. Le pouvoir vacillait pourtant. Il ne fallait pas pour elle, qu’il finisse comme « Ben Ali, Mubarak, Sarkozy, … » C’est probablement la grande faiblesse qui couvre les dictateurs. Mobutu est passé par là, et surtout récemment, Blaise Compaoré. On finit par minimiser les revendications et avis des autres. Surtout, cela arrive lorsqu’on n’écoute plus les critiques de ses adversaires.
La fin de Bobo

La première dame du Botswanga, Jacqueline pleure son jetCapture d'écran
Couvert de honte et d’humiliation, Bobo demande, comme le puissant riche à Lazare dans la Bible, un peu d’eau. Il n’en aura pas. Pendant ce temps, le rêve de la première Dame Jacqueline s’effondre. Elle n’aura pas le Jet. Elle s’affole. Le ministre du cabinet de la nation est élu président de la République. Au moins les hommes droits peuvent être encouragés. Le capitaine Yaya s’est retiré du pouvoir après élection.