Les nouveaux étudiants contents de l’accueil à l’Université de Lubumbashi

Les nouveaux candidats à l’université de Lubumbashi ont démarré leurs cours ce lundi 17 novembre. Contrairement aux années antérieures, les nouveaux se disent contents de leur entame: pas de problème pour leur intégration. Une nouveauté dans ce monde où certaines habitudes estudiantines ont semé la peur dans les cœurs des parents et de nouveaux étudiants à l’entrée.
L’université, une communauté
Amphi Chabu: les nouveaux étudiants accueillis par l'Unilu. Photo M3 Didier
« C’est ma première fois, explique un jeune homme qui vient d’arriver. Je n’ai vu personne être bleuilli (subir des bouffonneries). Avec la façon dont nous avons reçu les informations, je me suis senti directement chez nous » a déclaré un jeune homme.
Une étudiante ajoute :
« Pour une innovation, c’en est une; parce que nous nous sentons vraiment comme si nous étions chez nous. C’est quelque chose qui est inhabituel. Avant, quand on venait à l’UNILU, on avait peur d’être boulet ou boulette (déformation de bleu) … Mais aujourd’hui, c’est vraiment… heu ! (…) je ne sais pas comment expliquer. Mais c’est une très bonne expérience. »
Les nouveaux étudiants accueillis o la faculté des Lettres. Photo M3 Didier
Le lundi dernier, les doyens des facultés et écoles de l’université de Lubumbashi ont procédé à l’accueil des nouveaux. A la faculté des Lettres et Sciences humaines, par exemple, le Doyen de la faculté a réuni tous les nouveaux dans l’amphithéâtre I pour s’entretenir avec les nouvelles recrues.
« Une façon de pouvoir intégrer les nouveaux étudiants dans la nouvelle communauté, communauté dans laquelle ils sont appelés à vivre, explique le professeur Ibili Akwer. Ces étudiants viennent des écoles secondaires. Il y a des pratiques, de manière de fonctionner des écoles secondaires qui est différente de celle de l’université.»

Professeur I. Chabu, recteur de l'UNILU.  Photo M3 Didier
Mais ce qui désormais facilite cette intégration, hormis les conseils sur la vie scientifique ou académique, c’est sans doute le changement presque radical dans les habitudes. Plus de « bleusaille », cette bouffonnerie par les anciens qui autrefois a été dure, violente à la limite et qui a fait fuir certains étudiants. Elle est strictement prohibée depuis quelques années. Et cette fois-ci, elle semble avoir complètement disparu d’après les nouveaux étudiants.
« L’université, comme Cicéron l’a dit pour les hommes, s’améliore avec le temps, explique le professeur Christian Kunda, chargé de communication de cette institution. Le temps passe, elle s’améliore aussi. On a constaté l’année dernière, sous la houlette du professeur Chabu Mumba, qu’il manquait quelque chose aux étudiants sur l’université. Ils arrivaient et ils apprenaient tout sur le tas. Nous avons souhaité qu’au début de l’année, chaque fois, nous puissions les recevoir et leur donner des grandes lignes, des grandes informations sur l’institution. C’est ce que nous avons fait. »
Travailler: « l’effort fait les forts »
C’est donc une première : l’université de Lubumbashi qui accueille les nouveaux au cours d’une cérémonie solennelle, en présence des officiels. C’était le samedi 15 novembre dernier, deux jours avant le début des cours. Le  recteur de l’Université de Lubumbashi, le professeur Ildefonse Chabu Mumba qui a lui-même présidé la cérémonie, poursuit sous la même lancée : celle de l’innovation. Son adresse est un appel à un temps nouveau qui s’inscrit dans les mutations qu’il imprime.

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« Vous frappez à la porte de la science. Alors comprenez la science comme l’ensemble des connaissances fondées sur l’étude. La particularité de ces connaissances c’est qu’elles ne se basent pas sur une fois aveugle. » Les connaissances « répondent à une rigueur et à une logique qui les sous-tendent au point qu’elles génèrent des règles quasi immuables ».
Prof. Christian Kunda, chargé de communication, UNILU.  Photo M3 Didier
Des règles parfois dures et qui imposent la rigueur. Le recteur appelle ainsi les étudiants à oublier les moyens illicites pour réussir. La recherche effrénée des diplômes, sans en avoir les compétences nécessaires, ne sert à rien et ne peut profiter au pays. Il faut travailler, comme l’a expliqué quelques minutes après cette cérémonie, le professeur Christian Kunda :
« On est obligé de s’améliorer. S’il y a des choses gauches au sein de l’université, il est important que nous puissions les repérer pour savoir les améliorer afin de les rendre droites (…) le recteur l’a dit, il n’y a que l’effort qui fait les forts. Il n’y a que le travail qui sauve. Bien sûr qu’il y a aussi les moyens gauches par lesquels les gens passent, –les hommes sont ce qu’ils sont–, mais nous, en recevant nos étudiants pour la première fois, c’est important que le recteur lui-même leur dise : il n’y a que le travail. Il faut qu’ils travaillent c’est par le travail qu’ils réussiront, pas autre chose, pas par des pratiques décourageants (…) et le recteur n’hésite pas à sanctionner. Si une étudiante travaille normalement, elle ne peut pas subir des brimades ; si les étudiants travaillent normalement, ils ne peuvent pas compter sur la corruption. »
Un message qui est aussi envoyé aux parents. Il faut qu’ils arrivent à dire à leurs enfants « ici c’est la qualité », a ajouté le professeur Christian Kunda.