L'UNIVERSITÉ DE LUBUMBASHI EN PLEINES MUTATIONS

L’Université de Lubumbashi connaît une ascension assez remarquable voici plus de 6 ans. Désormais parmi les meilleures d’Afrique et l’unique de RDC à figurer dans le classement de FORBES, l’UNILU conforte encore cet élan qui tient à plusieurs facteurs impulsés par un recteur soutenu par son comité de gestion, au « rendez-vous du donner et  du recevoir », selon l’expression du chargé de communication de cette institution d’enseignement et de recherche. Déjà, elle s'informatise!
Building adminsitratif de l'UNILU. Photo Christelle SUKADI.
Les écoles primaires et secondaires ainsi que tout l’ensemble de l’Enseignement supérieur est universitaire n’ont pas arrêté leur descente aux enfers depuis que l’enseignement était devenu la roue de réserve, sous le régime du maréchal Mobutu.
L’université, au départ sélective et par voie de quota, s’est ouverte à tous les citoyens. Sans bourse, sans subvention ni frais de fonctionnement ou de recherche conséquents, elle est progressivement devenue théorique en s’appauvrissant. Cependant, contre le péril inexorable, l’université de RDC a résisté ! Cela grâce à une certaine catégorie de citoyens, parmi les enseignants, qui ont continué à dispenser des matières de qualité et comme d’ailleurs cela se passe ailleurs dans le monde. Ils sont encore là à ce jour.

 Une renaissance
Le professeur Ildefonse CHABU MUMBA a réussi en un peu plus de 6 ans maintenant, à ouvrir l’université de Lubumbashi à l’espace international. On l’a vu sur tous les fronts, dans les rencontres inter-universitaires en Chine, en Europe, en Afrique. Cette coopération a profité à l’UNILU en termes de visibilité, mais aussi, elle a constitué un point focal de l’expression des efforts et changements qui surviennent à Lubumbashi.
Amphithéâtre CHABU, UNILU. Photo Christelle SUKADI.
Avec ses 11 facultés et 4 écoles supérieures, l’Université de Lubumbashi reste la meilleure de la RDC. Elle accueille des étudiants venant de toutes les provinces de RDC, de Brazzaville, de l’Angola et même du Rwanda. Le gros des médecins du pays et qui sont employés jusqu’en Afrique australe sont formés dans cette université. Elle reste à ce jour celle qui respecte le programme académique et, les facultés de l’Economie, Sciences politiques, Relations Internationales, Droit, Médecine et Lettres, sont des plus fréquentées. En 2014, l’UNILU a compté environ 22.000 étudiants 332 Professeurs, 156 Chef de Travaux, plus de
769 Assistants et chercheurs et 934 personnel administratif.
Nouveau Laboratoire, UNILU. Photo M3 Didier, 2014.
La réforme des universités entreprise par l’Etat a conduit l’UNILU à entamer déjà le système LMD (Licence, Master, Doctorat), déjà avec les sciences exactes : 3 ans de licence et 2 ans de Master, 3 ans de doctorat. C’est notamment : la faculté des Sciences, les Sciences agronomiques, la Polytechnique et l’Ecole supérieure des ingénieures Industriels ; mais aussi l’Ecole de criminologie avec 3 ans de licence et 2 ans de Master, 3 de doctorat.
« Le recteur n’est pas en repos »
Le comité de gestion de l’UNILU a mené un plaidoyer qui a conduit l’Etat à rénover la faculté des Sciences sociale, politiques et administratives et la faculté des Polytechniques. Grâce à la coopération inter-universitaire et aux fonds propres de l’UNILU, cette institution a bâti un amphithéâtre dénommé CHABU, du nom du recteur qui l’a initié. A ce jour, les grandes manifestations comme les cérémonies de fin d’études s’y effectuent. Un auditoire bâti non-loin de la faculté de polytechnique est en fin de travaux et est capable de recevoir au minimum 600 étudiants, hormis les bureaux spacieux qu’il compte. C’est une réalisation sur fonds propres de l’UNILU.
Des étudiants dans une bibliothèque. Photo Christelle SUKADI.
Il y a aussi ce projet assez unique, qui va à coup sûr encore relever le renom de l’UNILU : la construction d’un important bâtiment au centre de la cour de la Faculté des Sciences, en diagonal du Building administratif de l’université. Ce bâtiment va, d’ici à la rentrée académique 2014-2015, abriter deux grands laboratoires. Le premier sera conçu pour les sciences de la vie : médecines, biologies, agronomie, etc. le second, lui, les Sciences de la matière : Métallurgie, géologie, chimie, etc.
Un des 250 microscopes de l'UNILU. Photo M3 Didier, 2014.
Déjà, 250 microscopes professionnels sont déjà payés et attendent d’être installés. « Désormais, les étudiants en ces disciplines n’attendront plus la fin de leurs études ou le stage pour manipuler certaines molécules, observer certaines données en termes de pratiques des leçons. C’est pour vous dire que le Recteur n’est pas en congé », a expliqué le professeur Christian KUNDA, chargé de la communication de l’UNILU.
La transparence et la rigueur à l’UNILU
Le recteur Ildefonse CHABU a réussi, et ce sont ses premières actions qui ont élevé son crédit, à mettre de l’ordre dans la perception des frais académiques. Avant, beaucoup d’argent disparaissait. Il était parfois difficile d’avoir une idée nette sur sa destination. Et parmi les étudiants, plusieurs tombaient dans les pièges des malins, forcés parfois de reprendre des classes ou de rater leurs sessions parce qu’ayant perdu l’argent en voulant payer. C’est-à-dire, en payant à la mauvaise adresse. Une banque a ouvert une agence au campus même, et le compte est géré par la trésorerie de l’université. Les brèches ont été colmatées. De quoi frustrer ceux qui se plaisaient dans ce désordre. Tout le paiement passe à ce jour par la banque et est sanctionné par une remise bordereau dont une copie est déposée à l’université pour vérification.
La transparence et le sérieux ainsi institués, les germes du changement prennent dans les dans les facultés et écoles de l’Université. Assez régulièrement, les fraudeurs, les tricheurs et les corrupteurs ou corrompus sont sanctionnés. Des décisions rectorat punissent en annulant des épreuves, parfois en révoquant ou en excluant les contrevenants définitivement de l’UNILU. Cela a pour résultat que les étudiants, du moins un nombre de plus en plus considérable, s’adonnent sérieusement à leurs études plutôt que de chercher des moyens peu sûrs pour passer de classes.
Campus UNILU. Photo Christelle SUKADI.
C'est aussi dans cette perspective de transparence que désormais tous les étudiants sont enregistrés dans une base de données informatisée. Via son site internet www.unilu.ac.cd et certaines applications informatiques, les candidats peuvent désormais s'inscrire à l'Université de Lubumbashi de n'importe quel point du monde connecté à la toile, accéder à la messagerie (mailing) et vérifier, par exemple, les payements en termes des frais académiques; ou, entrer en contact avec l'administration. C'est un premier pas dans le monde numérique. Lors des délibérations, et c'est une expérience entamée par la facumlté de Médecine humaine et depuis qui se généralise, les résultats des étudiants sont automatiquement mis en ligne et envoyés vers la boite électronique individuelle créée lors du premier paiement des frais d'études. Un service informatique est créé et assure le suivi des inscriptions en ligne, des cas d'omission dans les facultés, des paies des frais divers de façon à maîtriser par la même occasion, les effectifs de la population estudiantine sur le campus.
 
Business, communication et mines
La plateforme Forbes qui a classé les meilleures institutions supérieures et universitaires d’Afrique en plusieurs domaines, a retenu l’Université de Lubumbashi, renseigne Christian KUNDA, au regard des résultats obtenus dans le business (Sciences économiques et de gestion), communication et mines.
« C’est depuis le mois de juin qu’elle est classée dans le business. C’est la meilleure, c’est l’unique classée. Donc, explique professeur Christian KUNDA, on peut citer désormais, l’université de Lubumbashi, parmi les meilleures d’Afrique ».
Depuis plus de 10 maintenant, cette université a formé beaucoup de journalistes et communicateurs qui prestent à travers le Congo, voire l’Afrique. Le paysage médiatique du Katanga, actuellement, se rajeunit et retrouve progressivement son élan d’antan (Ecole du Katanga, comme on l’appelait pour parler des journalistes issus du Katanga). La faculté des Sciences économiques et de gestion elle aussi fait cette fierté de l’UNILU. Fierté quant le premier ministre MATATA PONYO qui a participé le 31 juillet dernier, à la cérémonie de la retraite du professeur MWALABA qui l’a formé comme économiste dans cette institution, est connu comme ressortissant de cette université. MATATA est aujourd’hui un de ces rares économistes qui ont su maintenir la croissance de l’économie de RDC. Dans le domaine des Mines, l’UNILU a formé plusieurs ingénieurs, géologues sur qui reposent aujourd’hui une grande partie de l’expertise de l’exploitation minière du Katanga. Il existe bien entendu bien d’autres domaines où cette université se distingue : la politique, l’histoire, la linguistique, la littérature, etc.
Toutes ces réalisations sont obtenues sur fonds propres de l’Université de Lubumbashi. Et, cette université devient, une fois de plus, une des rares, si non l’unique de RDC à prendre une orientation aussi remarquable.