REVISION DE LA CONSTITUTION EN RDC : LES VOIX DU KATANGA



Une affiche de J.C MUYAMBO. Photo M3 Didier, 2014.
La révision de la constitution n’arrête pas d’animer les débats en RDC depuis que le PPRD a ouvertement exprimé sa volonté de modifier la constitution pour donner à Joseph KABILA un nouveau mandat. Cette fois, c’est au sein même de la plate-forme MP (Majorité présidentielle) que ce débat se montre intéressant. Après la confusion voulue par le MSR, des voix non des moindres s’élèvent au Katanga. Le cas de Jean-Claude MUYAMBO et sa SCODE qui s’opposent à la révision de la Constitution.
Samedi 30 août dernier, Jean-Claude MUYAMBO Kyasa, ministre des Droits-humains en 2005 et ancien bâtonnier du Barreau de Lubumbashi, a donné un ton qui semble annoncer un temps nouveau. MUYAMBO prend son  courage s’oppose à la révision de la Constitution. « Nous avons soutenu le président de la République en 2006. Nous l’avons soutenu en 2011. Il n’est pas question que nous le soutenions encore en 2016, a-t-il lancé. C’est pourquoi nous avons pris notre courage pour dire non à la révision de la Constitution. »
Des signes avant-coureurs
« Moi je vous dis, peut-être les autres n’ont pas encore le courage de le dire, au moment opportun, ils vous dire comme ce que MUYAMBO». Président de la Solidarité congolaise pour la démocratie (SCODE), Jean-Claude MUYAMBO est un membre de la MP pas comme plusieurs. Il prend souvent des positions qui le situent parfois à l’opposition. Ce n’est donc pas étonnant sa sortie de samedi 30 août dernier. Mais il demeure un précurseur de ce qui s’annonce comme le refus des katangais à suivre ceux que, lui comme d’ailleurs KYUNGU wa Kumwanza qualifient des « danseurs de SAKAYONSA ».
Les militants de la SCODE, parti de MUYAMBO. Photo M3 Didier, 2014.

« SAKAYONSO » est une danse populaire sous la dictature de Mobutu. Tout le monde, femmes, hommes et jeunes, s’y est appliqué. L’expression évoque le suivisme aveugle et partisan, aux fins de plaire au chef, lui faire croire qu’on est d’accord avec lui. Dans le contexte de MUYAMBO, les danseurs de « SAKAYONSA » sont les membres et dignitaires du régime dictatorial de MOBUTU revenus au pouvoir de KABILA et qui aujourd’hui se trouvent dans les mêmes habitudes et la même démarche que sous Mobutu. A ce propos, un professeur de l’UNIKIN, MWAYILA TSHIYEMBE, au cours d’une conférence donnée à la Faculté des Sciences sociales à l’Université de Lubumbashi en avril dernier, lançait : « LES MOBUTISTES SONT DANS ET AUTOUR DU POUVOIR EN RDC ». et, MUYAMBO lui, a lancé au cours de sa matinée politique de samedi denier : « Ils sont dansé SAKAYONSA, ils veulent encore aujourd’hui modifier la constitution… nous avons le devoir de protéger le Raïs (Président) ».
Bien avant MUYAMBO, c’est KYUNGU wa Kumwanaza qui annonçait que Kabila n’a jamais voulu modifier la constitution et qu’il l’a entendu dire qu’il la respecterait. Il faut connaître KYUNGU wa Kumwanza et son parler pour le comprendre. Son message, au-delà de toute confusion et prudence apparentes, est perceptible. Dans l’hypothèse où il serait opposé à la démarche du PPRD et alliés, il demande à Kabila de respecter promesse. Il est le garant de la constitution, il doit la respecter : il l’a promis. KYUNGU est encore plus clair lorsqu’il annonce que son parti (UNAFEC) présentera son propre candidat à la présidentielle de 2016. Enfin, pourvu qu’il soit différent de celui de celui qu’il a présenté jusqu’ici !
Jean-Claude MUYAMBO, Président de la SCODE. Photo M3 Didier, 2014.
Mais ce qui reste aussi clair est que les Katangais restent assez prudents et jusqu’ici aphones, hormis cette première sortie. Mais cette aphonie, n’est-ce pas un discours, eux qui souvent ce sont montrés « parents » du président ? Cela a une explication.
C’est soit parce qu’ils se lassent de soutenir un régime qui leur donne l’impression d’être importants, influents alors qu’en réalité il n’en est pas le cas. Soit alors, ils ont leur leader qu’ils voudraient présenter aux élections de 2016 (des noms circulent déjà !) et soutenir ainsi le souci de changement jusqu’ici revendiqué par l’opposition et certains partis de la MP. MUYAMBO vient d’annoncer des sorties d’autres leaders au temps opportun, dans le même sens que lui. Ce n’est peut-être qu’un commencement !