PROVISOIREMENT CONGOLAIS, EN ATTENDANT...

Une carte d'électeur, carte d'identité en face B. Photo M3 Didier, 2014.
En République démocratique du Congo, cela fait 9 ans depuis que les citoyens ont reçu pour la première fois après des décennies, les cartes d’identité. Seulement, ces cartes d’identités n’en sont pas unes, puisqu’elles sont  provisoires et surtout des cartes d’électeurs. Du coup, les citoyens qui les portent détiennent des identités, et la nationalité « provisoires ». En attendant quoi ? On dirait qu’on ne croit pas à l’avenir du Congo.
La question d’identité en RDC pose beaucoup de problèmes. Prouver qui est congolais et qui ne l’est pas a divisé la veille des élections de 2006. Si la constitution du 18 février 2006 définit confusément et clairement en même temps qui est congolais, les cartes d’identité que portent les citoyens ne sont que provisoires et ne reconnaissent que des identités et la nationalité provisoires, par conséquent !
Cela veut dire que ces identités sont changeables, modifiables ou attendent d’être confirmées. C’est en tout cas ce que dit cette carte qui est avant tout un document de l’électeur. C’est clair et écrit en gras et en caractères capitaux :
« CARTES D’ELECTEUR
TENANT LIEU DE CARTE D’IDENTITE PROVISOIRE ».
La CENI ou l’Etat-civil ?
Les irrégularités continuent. Cette carte d’identité qui est une carte d’électeur, et que même les magistrats et les forces de l’ordre s’avisent à exiger des citoyens, est délivrée par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) alors que l’Etat civil habilité à le faire tourne le pouce. Les citoyens qui ont perdu les-leurs et qui ne peuvent accéder à la CENI pour des duplicatas ou de nouvelles cartes, sont reçus par des magistrats pour des attestations de perte des pièces d’identité. Ce sont des papiers volants A4 que l’on ne peut trimbaler et que d’ailleurs souvent les forces de sécurité rejettent en cas de contrôle.
Il faut être voyageur vers l’intérieur du pays pour savoir comment on peut souffrir lorsqu’on a égaré sa carte. Lorsqu’un agent de l’ordre demande des pièces d’identité, pour les citoyens de ce pays, on donne : passeport, permis de conduire, carte d’électeur … et d’autres ne peuvent rien donner si non prouver qu’ils appartiennent à une des ethnies ou un des territoires de ce qui est devenu au 30 juin 1960, la République démocratique du Congo. (Là, j’ai cité l’article 10 de la constitution de la RDC).
« Est Congolais d'origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République Démocratique du Congo) à l'indépendance ».
C’est en même temps priver l’Etat des rentrées financières sur la production et la livraison des cartes d’identité, que de laisser la CENI le faire. Après tout, la CENI n’a rien à voir avec la reconnaissance des identités, de la nationalité des électeurs, des citoyens. Elle se contente des pièces délivrées et certifiées par des instances légales, habilitées et permet alors à l’électeur d’exercer son droit civique. Qu’est-ce qu’on perdrait en procédant comme touts les pays normaux du monde en cette matière ?