POUR L’AMOUR DE L’ARGENT : AU DIABLE SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL EN RDC

Des creuseurs artisanaux sans protection. Source: www.lavdc.net
Avez-vous déjà entendu parler de pollution  au Katanga ? Il y a pis que cela. Des travailleurs sans salaires, des salaires sans travail, des primes à la place des salaires, des employés sans contrat de travail depuis des années… et surtout, des conditions de travail décent subordonnées à des "arrangements". Le travail ! Au lieu qu’il s’adapte à l’homme, celui-ci doit s’y adapter pour qu’il vive. Ah oui ! Qu’il vive ou qu’il meurt, enfin !
Dans une exploitation minière, une pollution zéro est une chimère. Mais l’exigence de la protection du travailleur y trouve sa raison d’être observée. Dans les manufactures comme d’ailleurs dans l’exploitation des minerais, des milliers de travailleurs sont constamment exposés aux dangers sans nombre : radioactivité, irradiation des ondes nocives, produits chimiques, chaleur, froids, … autant de dangers que le code du travail et bien d’arrêtés ministériels appellent à respecter. Mais qui s’en préoccupe ?! Pas de suivi !
Pas de sécurité, pas de suivi
OBASH (le nom que je donne ne correspond est imaginaire, mais le témoignage est vrai !), 27 ans environ, est étudiant à l’Université de Lubumbashi. Il décide un jour, par la précarité des conditions économiques dans sa famille, d’aller travailler quelques jours à CDM, une entreprise minière chinoise implantée à environ 3 km au dessus  du campus UNILU, en direction de l’aéroport de Lubumbashi. L’entreprise est réputée pollueuse. Elle lâche souvent ses eaux usées qui coulent à travers les rues en aval, jusque dans la rivière Lubumbashi.

L’étudiant témoigne qu’il arrive une fois au four où les pierres brutes de cuivre sont fondues. « A part les casques, parfois les bottes et les gants, les journaliers et employés réguliers n’ont aucune autre protection. J’ai fini par fuir, j’ai eu peur pour ma santé. Le lendemain, on m’a demandé d’aller encore au four, ça paie un peu bien que dans un autre secteur d’activité, j’ai refusé. En plus, les chinois sont malins. Pour éviter d’engager, ils demandent de changer d’identités au quatorzième jour, à défaut d’une rupture pour au moins une semaine. Car selon l’Etat (la loi), au-delà de 21 jours, il faut engager quelqu’un. » OBASH continue : « Ce sont nos frères congolais qui donnent toutes ces techniques aux étrangers pour ne pas engager leurs frères (compatriotes). De cette manière, l’agent épargné est partagé entre eux et les chinois. Je crois d’ailleurs que même alors, ils se tiennent toujours en situation de faiblesse. Les chinois ne respectent pas les congolais. Ils racontent beaucoup de bêtises. Ils disent parfois que les autorités sont dans leurs poches ». Et cela n’est pas un secret !
 Les fours arrêtés de la Gécamines à Lubumbashi. Source: sun.com.na
Que reste-il à dire ? Si non que le témoignage est clair. Il est donc clair que le principal problème demeure l’avarice, l’amour de l’argent en se servant des services ou fonctions que le pouvoir public confère aux individus. Ces individus ont étendu des réseaux de nuisance à telle enseigne que rien n’échappe à leur contrôle, même parfois le bien ! Les inspecteurs du travail, les services de la prévoyance sociale et de Sécurité sociale et assurance n’arriven

t pas à protéger les faibles travailleurs, et même se protéger eux-mêmes par amour effréné d’argent.
Les arrangements au mépris de l'humain
Difficile de comprendre qu’un employeur qui n’a pas fait signer des contrats de travail aux employés qu’il utilise depuis des mois, des années ne soit pas sanctionné… que pour un manquement à l’hygiène et soins de santé au travail, pour un manque d’outils de protection pour une entreprise minière par exemple (cache-nez, casque, tenue adaptée…) quelques billets d’argent ou un coup de fil d’une autorité arrivent à tout régler sans que les vrais problèmes ne soient résolus ! On ne bâtit pas une nation dans ces conditions d’injustice.
Le Code du travail, titre VII au chapitre « Santé et sécurité au travail, l’article 159 dit : « Les conditions de santé et de sécurité au travail sont assurées en vue :
  1.   De prévenir les accidents de travail ;
  2. De lutter contre les maladies professionnelles
  3.  De créer les conditions de travail salubres ;
  4.  De remédier à la fatigue professionnelle excessive ;
  5. D’adapter le travail à l’homme ;
  6.  De gérer et de lutter contre les grandes endémies de santé communautaire en milieu de travail. »

S’il est peu démontrable que personne n’observe tout cela, le témoignage d’OBASH ci-haut mentionné révèle à quel point les grandes entreprises sont parmi les plus impunies ! Est-ce parce que les puissants s’y retrouvent ? Je n’ai rien dit ! Simplement patriotique.