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Un enfant sur le plateau d'une télévision. Photo M3 Didier, 2014. |
Il
fallait répondre à un problème
Il faut dire que ce débat appelle cet
autre aussi vieux que la réflexion sur les médias : pourquoi informer et
que cherchent les citoyens, les hommes dans les médias ? Ces deux
questions répondent à deux logiques des médias qui se complètent. On informe
parce que la société a besoin de savoir, de connaître, de se divertir. C’est
brièvement là la mission des médias. Celle-ci éclate dès lors les médias en
trois domaines ou secteurs d’activités ou au moins, les rubriques qui constituent
le contenu des médias.
Il se fait que cette question débouche sur
la responsabilité de l’Etat que l’Etat Providence n’a bien voulu partager avec
personne. Mais avec l’évolution des sociétés et surtout l’accroissement des
populations, mais aussi l’ouverture démocratique, l’Etat a accepté de partager
cette responsabilité avec des privés, des tiers mais qui lui doivent des
comptes constamment et doivent se conformer à ce qu’il a défini.
La seconde question elle, a la particularité de révéler le rôle joué par la population dans la production et la diffusion des informations. Il faut dire que, dans les médias, la population consomme ce qu’elle donne comme matière à ces médias ; mais en même temps ce qu’elle veut ou accepte ou rencontre ses aspirations. C’est dire que les auditeurs, les téléspectateurs, les internautes et les lecteurs ne sont pas passifs. Ce serait d’ailleurs se contredire, en démocratie, que de considérer les destinataires des médias comme passifs et même dépourvus de jugement (critique) et aux scrutins, les considérer comme capables de bien juger…
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Informer, chacun se l'imagine différemment. Photo M3 Didier, 2014. |
Les
Journaux en « langues faciles »
A Lubumbashi, les journaux en Swahili
facile ont trouvé un succès interpellateur. Cela a sonné comme une critique à
la langue, plutôt, au niveau des langues dans les productions médiatiques,
surtout en audiovisuel, le principal secteur médiatique le plus consommé. Ce swahili
facile s’oppose ainsi au français qui sans compter certaines fautes devenues
populaires au risque de passer pour du bon français, et des informations en
anglais, le gros est diffusé en langue recherchée, presqu’inaccessible à la
majorité des citoyens. Or, ce sont eux qui constituent la majeure population
destinataire des différents programmes.
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Un régisseur avec ses visiteurs dans une radio. Photo M3 Didier, 2014. |
Restructurer
les journaux en langues faciles
Contrairement à ce qui s’appelle « journal en Français facile »,
à RFI où l’initiateur congolais a puisé, seuls changent le débit (vitesse) dans
le rendu des informations, certains mots expliqués par les journalistes au
cours des informations. Une distinction nette est faite entre blague, comédie
et un style relaxé pour donner l’aspect facile au journal. Qu’est-ce que cela
veut dire réellement ?
La première idée, en créant un journal
en langue facile, c’est la reconnaissance du fait que les journaux ont tendance
à être difficiles ou moins faciles. Cela a une raison. Il faut une langue
standard, qui ne choque ni les plus forts, ni non plus ne décourage les moins
forts (en langue ou sociologiquement parlant). Oui, c’est bien cette langue
standard qu’il faut rechercher. Or, les journalistes eux, ne sont pas des
langues moyenne ni basse. Du moins par vocation. Mais leur responsabilité,
après tout, est de faciliter la compréhension. C’est en cela en réalité qu’ils
forment en informant. Mais s’ils versent dans la farce, là c’est autre chose.
En plus, le journal n’a pas vocation à divertir. Il perdrait de sa substance
ontologique et ressemblerait à un autre genre bien distinct : la comédie
qui elle, appartient au divertissement. Cela a sa place sur la grille de
programme.
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Les langues d'information sont souvent difficiles. Photo M3 Didier, 2013 |
Les journaux en langue facile, loin de
toute considération de dérapages, reste une initiative, une idée louable. Mais à
une condition : qu’il se fixe dans la peau d’un journal classique. Je sais
que l’on m’opposera à ce propos le petit
journal de Canal plus… mais voyez, c’est un journal, pas comme les journaux !
Il a sa spécialité selon moi : satire, ironie et analyses sur des faits réels,
sans ne nullement fausser les notes. Tout ceci n’a rien de commun avec ces
journaux kinois ! Dans les journaux en langues faciles, on entend tout,
souvent des injures, des imputations dommageables, parfois, des faits qui n’ont
même rien de commun avec les chiens écrasés de l’information. C’est-à-dire, el
plus bas degré d’une information acceptable dans le journalisme.
Et donc, comme le disait un de mes
professeurs, Jacky MPUNGU (Université de Lubumbashi), il faut refaire,
restructurer l’esprit de ces journaux. Et cela passe nécessairement par la
formation des animateurs. Une formation à l’ABC du journalisme. C’est pour dire
que ces journaux ont la vocation, comme démontré ci-haut, de relever le défi
des langues de diffusion. Le peuple s’y retrouve, la proximité s’y trouve exprimée
et affirmée… on ne saurait laisser tout cela tomber au nom d’une certaine
orthodoxie des informations. Car en effet, sans affirmer que l’essentiel soit
que le message passe, mais ces journaux ont la possibilité rare d’atteindre le
plus grand public que jamais, j’imagine, n’atteindront ceux en langues
classiques et dures ou difficiles.
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