ET SI LES VIOLENCES SEXUELLES EN RDC, ETAIENT DEVENUES UN FONDS DE COMMERCE ?



Une victime de viol. Source:  www.bomwasi.net

Les violences sexuelles ! La question est un véritable fléau en République démocratique du Congo. Des milliers des victimes, des milliers des divorces, des enfants abandonnés après séparation des parents, des femmes aigries, malades, humiliées, etc. Difficile de rester calme face à de telles cruautés. Des femmes violées, même des enfants, des mineures, par 2, 3, 5 hommes… Il faut bien que la communauté nationale se mobilise pour y mettre un terme. Mais héla, la question des violences sexuelles me paraît virer vers un business qui ne dit pas son nom pour une certaine classe de personnes qui pourtant passent pour des « sensibles », mais qui en réalité ne le sont pas.
Les violences sexuelles restent une réalité des sociétés humaines que l’on ne peut coller à une seule ou à une communauté. Appeler la RDC, la capitale du viol, comme ce fut il y a quelques années par des citoyens français, c’est simplement vouloir nuire. Démoniaque donc !
Mais il se fait qu’en RDC, les proportions atteintes sont très alarmantes. Commentant une étude de 2012, la ministre du genre dit ceci : « Ce Rapport des données des VSBG collectées en 2011 et 2012, nous montre que seulement en 2012, plus de 18.795 cas de violences sexuelles et basées sur le genre ont été reportées dans la base de données intégrées dont 89% sont constituées des violences sexuelles (82% des viols y compris les viols collectifs et 7% des agressions sexuelles) commis dans les zones en conflits. »
Le rapport que cite la ministre du genre est clair en définissant le contexte. Il s’agit bien d’une situation de conflit qui constitue un élément aggravant de cette recrudescence des viols. D’ailleurs, un rapport des experts de l’ONU a même indiqué que le viol servait d’arme de guerre. Il s’agit en réalité d’une arme destinée à humilier et à déstructurer une communauté ! Et reconnu comme tel (le viol arme de guerre) est à attaquer comme une guerre classique. Dommage qu’une telle affirmation de l’ONU ne se fasse pas suivre d’actions logiques. Les armes non conventionnelles sont prohibées et quiconque en use, s’expose aux poursuites de la communauté humaine organisée. Or, la communauté internationale qui devait être cette communauté humaine, surtout devenue communauté des puissances, n’a rien fait pour arrêter cette arme. Une arme qui tue bien plus que les Kalaches qui pullulent dans les pays en conflits.
Dans un conflit qui mêle entreprises internationales, multinationales, puissances économiques et politiques, les voisins aux yeux plus gros que leurs ventres y compris, le viol a changé de sens. Il sert à désorganiser, déstructurer une communauté de sorte que dans un désordre tel que les familles sont disloquées (cellules de base des sociétés !), on ait main basse sur les richesses du Congo, ici l’or et la cacitérite à l’Est. Ce viol est bien entendu à l’origine d’un désastre digne d’un génocide, je me permets cette acception qui met en exergue une mort qui n’implique pas forcément le décès physique, mais qui humilie et anéantit l’humain dans sa dignité ; et ce, contrairement au prescrit de la déclaration universelle des Droits de l’Homme qui veut que tout Homme ait droit à la dignité.
Face à tout ça, que fait le monde ?
Source: www.ccla.org

On comprend dès lors pourquoi, la question semble intéresser tout le monde. Cet intérêt pourtant, n’est pas de nature compatissant pour tous. Il n’y a que très peu. Que des discours ! des discours tous orientés dans le sens à discréditer l’Etat congolais. Certes, ce dernier doit prendre ses responsabilités. Mais on sait quel degré cet Etat est fragilisé par la volonté des puissants, notamment ceux qui arment et soutiennent les rebellions ! Je ne manquerais pas de citer le Rwanda et ses parrains aveuglés par le fonds de commerce du régime Kagamé : le génocide rwandais (que je regrette bien entendu !).
La pitié du monde, cette piètre pitié qui ne se limite qu’aux discours, déclarations qui, les uns comme les autres, se rendent complices par inaction, ont tous un seul objectif : montrer qu’on aime les congolais et puis, distraire. Pendant ce temps, les puissants font atterrir des jets et hélicos dans les carrières, da           ns les concessions des multinationales où ils contrôlent bien leurs parts de capitaux, pour assurer bien souvent le pillage des ressources naturelles de la RDC.
Vous voulez des preuves ? Pourquoi donc ? Comment trouvez-vous normal, par exemple, qu’un seul palestinien tué par un groupe armé palestinien soit vengé par des bombardements qui déciment des centaines ou des dizaines de morts parmi les pauvres innocents sans que les puissants n’arrêtent la machine de la mort ? C’est parce qu’ils ont intérêt à soutenir Israël ! Qui a dit que la Palestine devrait se plier en tout aux exigences d’Israêl ? Tout cela concourt à l’hypothèse que, au nom des intérêts des puissants (politiques, économiques), on entretient des désordres pour faire monter les enchères ou engranger des bénéfices, en faisant mal aux autres.
Sud-Kivu. Source: cdfafrique.afrikblog.com
Vous connaissez bien à quelle échelle les richesses de l’Est sont pillées et avec quelle complicité ! Nombre des crieurs des scandales de la RDC, figurent parmi les actionnaires qui financent les groupes armés qui pillent, violent et tuent. Pourtant, ils occupent de bonnes places, si non sont les seuls capables, pour que s’arrêtent la machine de la mort en RDC : le viol. La fin de cette hécatombe devrait correspondre à la fin des discours mensongers et au soutient apportés aux ennemis de notre nation. Et ça, ce ne sera fait ni à Londres, ni à Paris, à Bruxelles, à New York ou moins encore à Washington. C’est une action de citoyenneté qui revient à moi, à toi, à mois, à nous congolais ! A nous de barrer la route à ces faux amis.