INDEPENDANCE DE LA RDC, LES DOULEURS D’UN CUISANT ECHEC


Ce que je crois
Carte de la RDC. Source: OCHA.
Joseph KASAVUBU, Patrice LUMUMBA, Moïse CHOMBE, Jean BOLIKANGU, Albert KALONJI, Joseph MOBUTU et bien d’autres congolais de l’époque de l’indépendance, des congolais qui ont réussi à être la voix du Congolais ! Ils ne furent pas des universitaires, nul d’entre eux n’était professeur d’université, gradué ou licencié. Ce fut des gens presqu’ordinaires mais en qui avait germé la responsabilité face à l’histoire ; une histoire que tous aujourd’hui célèbrent : l’indépendance de la RDC. Pourtant, 54 ans après, ça sent en tout et pour tout, la colonisation en RDC. Un cuisant échec ! Une situation regrettable et inacceptable dans un Congo de grands intellectuels, des universitaires, et même des savants.
Les plus forts de tous les temps en RDC
On ne devrait s’y méprendre, la période de ces pères de l’indépendance de notre pays fut autant bouillonneuse que la nôtre ! De grandes dissensions, voire rivalités ont secoué les années pré et post-indépendance. Ainsi, par exemple, Moïse CHOMBE, Joseph KASAVUBU et Albert KALONJI, furent partisans d’une fédéralisation du Congo. Un fédéralisme, faut-il le préciser, qui ne cachait rien de sa perversion indépendantiste. La vague de sécessions le prouvera bien en 1961. Lumumba lui, avec Jason SENDWE et bien d’autres, tiendront bien la position d’un Etat unitaire.

Comme aujourd’hui, le débat divisa au point qu’au plus fort des inimitiés, certaines en moururent. Mais, mais, mais !!! Devant la prise de conscience de la situation du Congolais, comparativement à d’autres colonies qui entouraient ce pays, notamment le Congo Brazza où d’ailleurs des jours plutôt De Gaule venait d’annoncer l’indépendance, le Portugal et les colonies anglaises moins martyrisées que celle des belges, ces compatriotes ont su taire leurs divisions pour demander une indépendance immédiate de leur Etat, à la table ronde de Bruxelles, même si ils se l’imaginaient différemment.
Ce ne fut que des diplômés d’Etat, pour la plupart, dois-je rappeler. La plus grande insulte, en consultant l’histoire est qu’avec des milliers de diplômés d’Etat, des gradués, des licenciés et des docteurs, des savants, dois-je le redire, nous n’avons pas pu développer ce pays et surtout, le faire respecter. Il y a certes, dans ce pays,  des citoyens dignes de respect et d’honneur, des pasteurs, des professeurs d’université et des penseurs et des citoyens ordinaires qui n’ont pas volé, n’ont pas pillé, n’ont tué personne ou ne jettent pas des immondices sur la route, … Mais ils ne restent que très peu nombreux, une espèce menacée de disparition !
Honte : si le ridicule pouvait tuer
Aujourd’hui, lorsqu’on parle du Congo, déjà à l’interne, ce n’est pas beau à entendre ! Même le Rwanda nous nargue, le Congo Brazza peut annoncer une Mbata ya Mokolo, Museveni mener une médiation dans un dossier où il est le principal fauteur de trouble,… malgré d’inestimables potentialités, du soleil à la terre sans oublier les eaux, les forêts, les savanes et une jeunesse pleine de vigueur qui ne peut s’exprimer… on préfère aller ailleurs où pourtant on envie la RDC.
Des enfants non scolarisés à Kawama-Lubumbashi. Photo M3 Didier, 2014.
Que vont-ils chercher à l’étranger, les congolais ? Le bonheur ? Oui, peut être ! Mais ils le laissent chez eux. Or, cobalt, cuivre, diamant, Coltan, Pétrole, bois, poissons, terres fertiles, etc. Mais que peuvent-ils ? L’indépendance de la RDC en 1960 n’a jamais été un échec, une précipitation comme aiment à le dire certains. Je le leur concède. L’échec, c’est aujourd’hui, l’échec c’est nous, les générations d’après Lumumba, Kasavubu, … Je me demande si en tout réalisme politique, tenant compte du contexte international fait de plus en plus de pressions des puissances sur le régime sanguinaire belge au Congo, surtout après la boucherie du 4 janvier, si le Congo pouvait cheminer avec les belges jusqu’en 1980 selon le fameux plan de Van Blissen. Non, même la Belgique ne tiendrait pas ! Je parie !
Un échec qui fait énormément mal et honte ! Si le ridicule pouvait tuer, nous serions tous partis ! Nous n'avons pas pu nous rendre indépendants. A la place du travail pour cette fin et pour le bonheur du peuple, nous nous sommes bagarrés, nous nous sommes montré les origines, nous avons menti, nous avons tué... voici 8 millions de morts! Le prix d'une incurie! Des milliers d'enfants ne vont pas à l'école, des milliers d'autres meurent à la naissance, d'autres encore souffrent de la faim...
 Laissons tranquilles les belges ! Ils sont partis, voici 54 ans. Aujourd’hui, que cela concerne ces radicaux « combattants » qui croient finalement que la solution viendra par la radicalisation de leurs opinions et en humiliant les animateurs des institutions, que ce soit aussi ces dirigeants et ces citoyens restés au pays et qui chacun en ce qui le concerne, ne font pas assez pour honorer notre indépendance, notre honte c’est de constater que nous sommes restés moins que les pères de notre indépendance.