LINAFOOT 2014 : UN DESORDRE ORGANISE QUI SE SOLDE PAR 15 MORTS

Les supporteurs du TP MAZEMBE. Photo okapi.net
C’est une fin macabre du championnat de football en République démocratique du Congo. L’irréparable plusieurs fois prédit par de nombreux analystes est arrivé dans le football congolais : 15 morts et une vingtaine de blessés. Le gouvernement a initié une enquête pour établir de responsabilités, mais déjà on pointe sur des ultras durs parmi les fans de Vita-Club.
Tout était pourtant clair
Les matches de football aux odeurs d’une guerre, c’est toutes les années qu’il y en a entre Vita-Club et Mazembe, Vita-Club et DCMP, Mazembe et Lupopo, Lupopo et DCMP. La raison est que ces équipes, pour la plupart dirigées par des politiques ou mieux des personnes qui ont un pied dans ce monde qui divise et trompe, la tromperie, la division et malheureusement la mort, sont entrées dans le football. Chacune de ces grandes équipes du football congolais a au moins des adversaires. Oh, que dis-je, des ennemies ! On a franchi la limite entre adversité sportive et inimitiés politiques. L’événement de ce dimanche 11 au stade Tata Raphaël confirme bien cette inimitié notoire entre Vita-Club et Mazembe.
La tension était perceptible. Aussi la ville de Kinshasa a-t-elle déployé un important dispositif sécuritaire dans et autour du stade. Tout le monde savait qu’en cas d’échec de Vita-Club, il se produirait à coup sûr des désordres. Battu à l’aller Lubumbashi, l’équipe de Kinshasa a promis de se venger. Malgré la farce de sécurité, rien n’a été fait de la part des autorités administratives et même de celles de Vita-Clubs pour faire comprendre aux fans, aux durs, qu’il ne s’agissait que d’une rencontre sportive. Il y avait dangers pour les deux équipes, surtout la visiteuse.
Honte!
Oui, honte ! La honte va finalement tuer. Comment évaluer cette édition de la LINAFOOT ? Un calendrier non respecté, des matches truqués, des supporteurs indisciplinés ; des officiels clientélistes et finalement, la mort. Une mort de 15 personnes et une vingtaine des blessés. Honte d’apprendre qu’il y a des éléments de la police qui jettent des grenades lacrymogènes dans un stade de football. N’est-ce pas humiliant d’apprendre que le stade Tata Raphaël avec ses quelques 45.000 places a reçu bien plus grand nombre de spectateurs qu’il n’en a la capacité.
Voilà malheureusement les résultats d’une politisation du football. On ne peut plus que déplorer cette mésaventure. Dommage que le sacre d’une équipe qui a mérité sa victoire soit ainsi édulcorée. Dommage aussi que  ces désordres finissent par saper l’image des joueurs de Vita-Club qui après tout, n’ont posé aucun acte qui mérite cette malheureuse histoire qui lui colle désormais.