CONFUSION AU SEIN DE LA LINAFOOT! QUAND LES POLITIQUES S’OCCUPENT DU FOOTBALL

Une rencontre Mazembe vs Sanga Balende. Photo tpmazembe.com
Matches truqués, calendriers des compétitions non respecté, des cas d’indiscipline, de violence non sanctionnés, la politisation et la régionalisation des rencontres sportives… des maux qui rongent le football congolais. Le théâtre, il plait au genre humain. Mais lorsqu’il s’invite dans un domaine où on ne l’attend pas, il fâche. Celui de dimanche dernier au stade Mazembe entre SANGA BALENDE et MAZEMBE était de mauvais goût et a énervé. Le match le plus attendu Mazembe vs Sanga Balende  n’a pas eu lieu. Pour cause : l’équipe de Mbuji Mayi est montée sur le terrain pour ne pas jouer : sans gardien. Est-elle venue pour ce drôle de spectacle, loin de là.
Sanga balende arrive de Mbuji Mayi suffisamment apeuré. Une semaine avant, Mazembe était maltraité au match aller. Des joueurs ont été battus, d’autres blessés, sans compter un  arbitrage qui n’a rien, semble-t-il, de commun avec le football moderne. L’objectif étant de gagner à tout prix le duel aux couleurs d’une compétition des gladiateurs. Chose faite. Et comme dans le football congolais on rend à chacun selon son accueil, les plus royalistes que le roi au TP Mazembe, étaient là pour soutenir leur équipe. Comme à Mbuji Mayi, des supporteurs en bleu et jaune, rouge, et autres couleurs que noire et blanche, auraient été honnis du stade. Certains parmi eux auraient même été passés à tabac. Quoi de plus logique qu’apeurée, l’équipe visiteuse ait conçu la fâcheuse formule de monter sur le terrain sans gardien de but.
Les pièges des politiques

La  politique s’est invitée dans les sports en RDC ou mieux, les politiques ont investi le sport. Cela ne va pas sans conséquences. On comprend bien, le football, par exemple, est une belle aubaine pour les politiques en quête de visibilité et de popularité.  Ainsi, au TP Mazembe  on a le gouverneur Moïse Katumbi, un politique. Gouverneurs comme le premier, NGOY KASANJI du Kasaï Oriental  et Julien Paluku dirigent des équipes de football. A Kinshasa, un général dirige Vita Club, et la liste est longue. Ils sont nombreux les politiques qui le sont devenus par les sports. Ce qui est extraordinaires ce qu’ils combinent les deux à la fois. La tentation est donc grande de faire du sport une arène politique, malheureusement en bafouant le sacrosaint principe d’apolitisme des sports.
2 joueurs de Mazembe et Sanga Balende à Lubumbashi. Photo tpmazembe.com
Les conséquences sont là et tout le monde est désabusé ! Les arbitres sont incapables de peser de tout leur poids pour discipliner et faire régner la discipline sur les terrains de football. Les rencontres devant opposer les quatre meilleures équipes de la RDC sont devenues comme une guerre (MAZEMBE, VITA CLUB, LUPOPO, DCMP). Chaque fois, on déploie police, et parfois l’armée pour mettre de la sécurité autour des stades.
Lorsqu’il faut sanctionner un joueur ou un entraîneur, l’arbitre doit penser avant tout à ses rapports avec les Tout-Puissants Dirigeants des clubs qui sont des politiques, capables donc de représailles. La justice, dans ce cas, n’existe que pour le club qui aura été, selon le moment, en très bons rapports avec l’arbitre. On parle de corruption, en termes plus clairs. Cette corruption, il faut faire la part des choses, ne signifie pas que l’on donne nécessairement de sou à un arbitre. Mais cela peut se faire sous diverses formes, notamment la corruption morale.
On assiste alors à des scènes des matches truqués, vaincus d’avance avec des arbitres kamikazes. Cet état de choses révolte et fâche ! Il est même générateur et géniteur des conflits qui parfois débouchent sur des terrains glissants, comme cela s’est révélé dimanche dernier à Lubumbashi entre Sanga Balende et Mazembe. Il y a 3 ans environ, un match entre Mazembe et Vita Club se soldait par des blessures et même, semble-t-il, des morts. Un cas d’agression contre des journalistes parce qu’ils appartenaient à un média qui avait osé analyser comme l’inspiration le leur avait donné, la santé d’une équipe bien aimée de son public.
Impuissance de la Fédération congolaise de Football
Des joueurs de Mazembe et Vita Club. Photo okapi.net
Il s’en suit que la fédération congolaise de football souffre des mêmes problèmes. Pour arriver à la tête de cette institution qui, selon la CAF prétend rester apolitique, on passe par ces personnes influentes du football congolais : les politiques sportifs ! Après, il serait malvenu d’imaginer ces responsables de la FECOFA ou de la LINAFOOT, la ligue nationale de football, prendre quelque indépendance. Et si, lors des compétions, l’équipe de tel leader politico-sportif lui a barré la route, le nouvel élu règle aussi des comptes. Là, je ne considère pas le fait que des matches sont joués selon les caprices des clubs et non tel qu’exigé par le calendrier de la LINAFOOT. Comment, dans ce cas, discipliner tout le monde et, de manière technique, finir le championnat à temps ? Cela fait que les équipes congolaises qui jouent à la CAF n’ont pas suffisamment de temps pour aborder les compétitions africaines. La politisation commence, avant tout, au sein de ces institutions de sport. Il s’en suit que même le ministère des sports souffre des mêmes maux. C’est un tourbillon et une confusion sans mesure, le football congolais !

Voilà pourquoi il n’y a pas des sanctions contre Sanga Balende, une semaine après le désordre à Mbuji-Mayi. Il n’y en aura pas non plus, j’ose croire, contre Mazembe. Il en sera de même pour Vita Club dont les supporteurs auraient maltraité Don Bosco. Ainsi va le football congolais. Mais demain, si ce désordre persiste, il enfantera un conflit tel que et le ministère des sports et les institutions indépendantes du football, ne sauront quoi dire.