RDC : POURQUOI N’AIME-T-ON PAS ASSEZ L’AGRICULTURE ?



La RDC a une terre assez riche pour nourrit tout le monde
Le travail de la terre, le champ, n’est pas aimé de la majorité des congolais. On préfère un beau bureau, climatisé, avec PC et téléviseur, … Même les intellectuels, et surtout eux, et le gouvernement, s’il n’arrive  toujours pas à faire décoller le secteur agricole, la raison est inscrite dans l’histoire de l’être du congolais : la colonisation.
Comment donc ?
Lorsque l’État Indépendant du Congo (EIC) devient pays de  l’agrégat des États  nombreux ou groupes ethniques qui deviendront le Congo actuel, l’agriculture n’a qu’une simple fonction : la subsistance des familles en petit nombre. L’étranger devenu autorité étatique va s’intéresser au caoutchouc. Ce caoutchouc est récolté en forêt, plus tard cultivé. Plusieurs perdront qui sa vie, qui ses membres dans cette culture devenue une corvée, parmi les congolais. C’est à ce titre que ce caoutchouc sera traité de caoutchouc de sang.
L’agriculture : une corvée pour les noirs
Le passage à une culture de subsistance à une production industrielle n’a pas été expliqué aux congolais.
Tout était, en réalité, pas pour leur bénéfice, mais celui du colonisateur. En 1917, une ordonnance-loi du roi des belges et souverain du Congo belge institue une corvée de  jours pour les populations rurales cette mesure sera doublée de l’ordonnance législative n°68/AIMO de mars 1942 qui imposa aux hommes adultes des circonscriptions rurales de cultiver et de récolter des produits agricoles reconnus par le gouvernement général comme  nécessaires à l’effort de guerre (seconde guerre mondiale), explique l’historien Jean-Marie TUTAMBA KAKOMBO (Du Congo belge au Congo  indépendance 1940-1960 :  Émergence des évolués et genèse du nationalisme).
Cultures des haricots
Au plus fort de la cruauté du régime colonialiste belge, certains ressortissants du Congo belge durent s’enfuir en Angola, en Afrique équatoriale française, au Soudan et en Ouganda pour échapper au sort de l’indigène « recrutable, requérable, taillable et corvéable à merci » selon la formule d’A. RUBBEN. On ne pouvait que détester une telle vie : la vie du cultivateur et  du village ! Voilà pourquoi jusqu’ici, le meilleurs endroit où vivre, pour plusieurs congolais, c’est la ville : « parce qu’on n’y cultive pas ! »
Indépendance=fin de l’agriculture
La désaffection pour l’agriculture ne pouvait malheureusement que croître devant un régime aussi pervers et cruel. Sa grande faiblesse est de n’avoir pas réussi à inculquer l’idée que l’agriculture c’est ce qui fait vivre de peuples nombreux ! Au lieu que indépendance signifie peut-être fin de la corvée et du supplice collatéral, on est arrivé à cette fatalité : fin de l’agriculture, de cette sorte que l’on peut  dire "indépendance égale fin de l’agriculture". En effet, la gamme à produire par le noir allait au-delà même de l’hévéa : coton, tabac sans oublier les cultures vivrières. Des inspecteurs passaient, à la récolte, pour exiger de chacun, la quantité exigée pour une superficie bien déterminée : 50m2 pour autant de tonne ou de kg de coton, etc.
Culture de maïs, aliment de base au sud du Katanga
Vive l’agriculture
C’est malheureusement encore difficile de faire comprendre aux masses que l’agriculture est inévitable. Il y a encore des intellectuels, fils de leurs parents agrophobes, qui ne croient pas en la force de ce secteur.
Il suffit de voir combien d’étudiants s’inscrivent en Agronomie dans nos universités et combien vont en Sciences humaines et sociales ! On la déteste encore : l’agriculture ! Même l’État, si l’on sait qu’il est dirigé par des agrophobes, fils ou petits fils de ceux qui ont subi les affres du système colonial. On préfère les mines, parce qu’elles donnent des résultats immédiats alors que, l’agriculture elle, demande beaucoup de patience.
Quoi qu’on dise, il n’y a pas mieux que la culture de la terre et ses composantes. Elle fut au commencement, elle sera là aussi longtemps que dure l’humanité.