La
République démocratique du Congo dispose d’un potentiel culturel inimaginable
des rares d’Afrique, voire du monde. Avec plus de 350 langues et plus encore en
ce qui concerne Les ethnies et tribus, la production des arts devrait être, si
elle était entretenue, un des piliers de l’économie nationale. Lorsque l’art
vit, c’est tout un peuple qui vit en lui et avec lui, c’est le monde qui
change.
Il suffit de voir à des manifestations publiques,
comment expatriés et nationaux se délectent de plaisir de voir danser les
danseurs traditionnels baluba « Mbudie »,
lunda « Atudiang », Hemba « Tuibunge » et bien d’autres.
Leurs énergies, leur frénésie, leurs volupté et mouvements ne laissent personne
indifférent. C’est devenu presqu’une loi à Lubumbashi : il n’y a pas de
manif sans un seul de ces groupes folkloriques. Mais quoi de plus ? On
s’arrête là, et c’est tout. En dehors de tout cela, ces groupes ne servent plus
à rien. On dirait, ils sont devenus des propriétés des puissances économiques
et politiques qui les ménagent et qui, en réalité, sans elles, ne peuvent ni
s’entrainer, ni se produire.
Tout cela risque de disparaître ou du
moins de perdre de sa substance originelle à Lubumbashi, ville de plus en plus
congolaise plutôt que Katangaise (de toutes les provinces accourent de
nouveaux habitants) ; avec une propension à une modernité qui sonne comme
« rejet de tout ce qui est traditionnel » ! Ce rejet a une
histoire : celle de la colonisation des belges et de l’évangélisation de
l’Afrique. Il fallait, en effet, tout rejeter pour dire qu’on accepte christ.
Même le traitement des maladies par les plantes naturelles ! Et
d’ailleurs, des mots dédaignants existent encore pour désigner tout ce qui est
digne de rejet parce que traditionnel : c’est le cas de kisendji (de singe, singerie).
Théâtre, musiques et danses
folkloriques, costumes, sculpture, poterie, rites d’initiation,
d’intronisation, de naissance, rites funèbres, de mariages, et même l’art de la
guérison ou médecine traditionnelle, … tout cela est capable d’une économie qui
fasse vivre des peuples nombreux.
Comme on les aimes: les cultures Katangaises!
Comme on les aimes: les cultures Katangaises!
Le festival national de Ngungu qui met en valeur la richesse
culturelle en termes de danses, chansons et costumes traditionnels, a eu l’incontestable
pouvoir de démontrer à la face du monde, les richesses culturelles congolaises.
Et en terre katangaise, pour la première fois, en 2013, ce festival a laissé
exprimer des talents : comment ne pas se laisser aller par le « Kifwebwe » (masque Cokwe) de
Sandoa qui donnait l’impression de parler à travers les pas de danse ?
C’est cela, tout cela qui peut être vendu et qui peut valoir respect et
grandeur à la culture et aux cultures congolaises. C’est tout cela qui peut
être vendu !
Il y a bien plus que cela dans les
territoires et villages du Congo de Kimbangu et de Lumumba. C’est d’ailleurs en
milieux ruraux où loge l’orthodoxie des cultures représentées en villes, c’est
là que vivent ceux qui savent joindre aux mouvements l’esprit et le sens. Et
c’est là aussi qu’il y a ceux qui savent comprendre et interpréter gestes et
cris du folklor. Au pays de lunda, par exemple, les Atudiang se produisent à l’intronisation d’un chef, Mwant Yav par
exemple, ou à l’occasion d’un rite de guérison. Ils sont serviables et ne
doivent pas être violents. Ils ont une variante : Atulemb (pluriel de Kalemb :
protecteurs). Voir les atudiang ou un
Kadang devrait donner un
sourire !
Restituer les œuvres pillées durant la colonisation
Restituer les œuvres pillées durant la colonisation
C’est d’ailleurs cette Belgique, et
partant l’Occident, qui a pillé les arts congolais. Puisqu’il fallait se
défaire de tout ce qui tenait à la culture africaine, dans une espèce de
table-rase, les fétiches, les masques et les arts congolais ont été rendus aux
missionnaires et aux colons. Plusieurs ont été emportés en Belgique et jonchent
injustement les musées de Belgique.
Aujourd’hui on sait que tout cela n’a
été que pillage. Des arts nombreux, originaux et qui ne peuvent que difficilement
être reproduits, sont partis. Le problème n’est pas que l’on reproduise ces
œuvres, mais plutôt qu’on les rapatrie, comme la France l’a fait avec bien de
ses colonies. C’est un peu de tout cela que le Maréchal Mobutu recherchait lorsqu’il
voulait que la Belgique paie tout ce qu’elle a pillé en RDC. Il faut du
courage.
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