SNCC : ENTRE LE PROGRES ET LA MORT DES PROLETAIRES, L’ETAT CHOISIT LA MORT

Inauguration des locomotives de la SNCC
Ils sont plusieurs milliers qui ont totalisé environ 68 mois sans percevoir leurs salaires, les fonctionnaires de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC). Au Katanga, cette société est le deuxième grand employeur après la Gécamines, en termes des effectifs du personnel employés et à rémunérer. Après environ trois ans sans locomotives, en donc sans travail pour les cheminots, l’Etat Congolais a acheté des locomotives  de l’Afrique du Sud. La BM elle aussi a engagé des fonds dans le même sens. Au total, 9 locomotives sont arrivées à Lubumbashi. Elles plutôt louées qu’achetées de la société sud-africaine Gridrod, au prix de 11.300.000 UDS.



Un train de la SNCC
Lundi 5 septembre dernier, Joseph KABILA nommait un nouveau comité d’administration avec mission de relever le déficit financier, redresser la voie ferrée en dégradation et le déficit de locomotives. Depuis, la situation est demeurée inchangée. Martin KABWELULU n’aura pas vu se réaliser sa prédiction sur la relance des activités minières : « J’ai voulu que la partie Nord de la SNCC puisse commencer l’exploitation dès que les locomotives arrivent à Kindu et à Kalemie et relancer le secteur minier qui, vous savez, est un secteur qui porte maintenant dans notre pays une croissance qui n’est pas à discuter », rapporte okapi.net ; puisque ces machines n’auront fonctionné que quelques mois, de juin à octobre.
Un ministre choque, l’Etat scandalise
Pendant que le monde attendait des sanctions contre les auteurs de cette magouille aux frais de l’Etat, le ministre du travail a surpris en suspendant la délégation syndicale de la SNCC qui en réalité, n’est pas le problème qui se pose. Il a, avec lui, apporté de l’argent pour payer quelques mois des 5 ans et 6 mois d’arriérés de salaires. Pour en recevoir, il a fallu signer son engagement à ne plus poursuivre la grève ni les contestations en syndicat. Il semble qu’on lui a laissé son argent. le ministre reproche des dérapages au comité syndical suspendu.
Une fois de plus, le vrai problème a été dévié. La SNCC elle se meurt, et les intouchables qui la pillent ne sont pas inquyiétés.
Un réseau mafieux contre la sécurité sociale des employés
Les locomotives de la SNCC sont vielles
Les locomotives, d’après les techniciens de la SNCC que nous avons rencontrés, datent des années 70 et sont, de ce fait, assez vielles pour relancer la SNCC comme l’entendait Joseph KABILA lorsqu’il nommait un nouveau comité de gestion au sein de cette société de transport. Plus de tambours battants sur ces achats odieux et inutilement onéreux. En visite dans le cadre d’une commission parlementaire, le député national Sakundundu, ancien cheminot, a eu des mots forts : « C’est un sabotage… ces gens veulent la mort des milliers des congolais. Comment peut-on induire le chef de l’Etat dans une si grave erreur ? il faut qu’il ouvre l’œil, et le bon et que ces gens soient traduits en justice… ».
Arrivée des locomotives de l'Afrique du Sud
C’est qui « ces gens » ? On ne peut les connaître, puisque le député ne les a jamais nommés. Mais puisqu’il s’agit des mauvais achats, des achats opérés par l’Etat Congolais qui est le patron de cette société. C’est donc là qu’il y a des gens qui auraient induit Joseph KABILA en erreur… une erreur qui est en réalité grotesque si l’on sait que l’Etat a fait de l’arrivée de ces 9 vielles locomotives un événement plutôt politique qu’économique.
Le 12 novembre dernier, les agents de la SNCC Lubumbashi demandaient à l’Etat le monopole du transport des minerais du Katanga. Ce secteur est depuis la descente aux enfers de la SNCC, complètement couvert par les transporteurs privés employant la voie routière Lubumbashi–Kasumbalesa. Le transport des minerais a constitué depuis l’indépendance, les principales activités rentables de cette société. Aujourd’hui, elle ne peut le faire. Surtout pas avec des locomotives qui ne roulent plus à ce jour.

A Lubumbashi, et cela n’est pas vérifié, il connu que ces camions qui concurrencent la SNCC ou qui ont quasiment raflé tout le marché de transport des minerais sont des propriétés des hommes politiques biens connus.