Une rentrée timide. Sur environ 70 élèves attendus, seule
une dizaine était présente à l’école. Pour la sœur Marie BANZA,
religieuse des Sœurs de la Charité de Marie et de Jésus, préfet de cette école,
ce retard est dû au fait que certains parents n’ont pas suffisamment de moyens
pour amener à temps leurs enfants. Elle note aussi que certaines familles
privilégient les enfants à vue normale au détriment des aveugles et
malvoyants. Pourtant, tous peuvent bien apprendre. Et les résultats sont parfois
démystifiants.
Les cours ont normalement démarré dans les classes, comme
en première année, par exemple, où Marie Kapamba, enseignante au service des
aveugles depuis 1971, inculque les rudiments du français, en alphabet en Bray,
à sa nouvelle recrue. C’est sa spécialité : encadrer et former les nouvelles
recrues. Son savoir, elle l’a acquis en Belgique. Elle est la pionnière de
cette école encore en vie, de cette principale, si non l’unique, du Katanga.
Nuru (Lumière, en Kiswahili) s’organise avec des moyens du bord,
pour que luise sur les aveugles et malvoyants, la lumière de la vie.
Chaque enfant est un cas à part. Il est personnellement suivi. « Le suivi
s’effectue à trois niveaux : nous nous intéressons à l’histoire du
handicap de chaque enfant, évaluer son degré en vue de lui trouver des
solutions appropriées ; puis, nous nous intéressons à sa famille, son milieu de
vie habituel. Car, là aussi il faut sensibiliser les
proches pour l’aider à réussir. Il y a parfois trop d’injustices, de cas
de marginalisation. Enfin, on s’intéresse aux amis de l’élève, ceux avec qui il
joue », explique Jean KABWIKA, Assistant social de l’Institut Nuru.
Les anciens élèves sont déjà moralement debout. En deuxième
année secondaire, AMISI Mwana, 13 ans environ, est convaincu qu’il est capable
de beaucoup de choses : il compte être un magistrat militaire, un jour. « Dans
la vie d’aujourd’hui, a-t-il dit, il faut étudier. Si vous n’étudiez pas, on ne
vous accorde pas beaucoup d’importance. » Cette conviction réelle, convient-il
de le souligner, naît des preuves qu’ont fait certaines figures, parmi
les aveugles qui ont fini leurs études universitaires, comme Fridolin
NGOY WA NGOY, en journalisme, Sciences de l’Information et de la Communication,
à l’Université de Lubumbashi, il y a juste quelques mois.
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