Katanga : des élèves abandonnent les cours pour exploiter de l’or à Nyunzu


Depuis près d’un mois, les écoles de Nyunzu (200 km à l’Ouest de Kalemie) se vident. Les élèves se ruent vers une nouvelle activité plus lucrative dans la contrée : l’exploitation artisanale de l’or dans une nouvelle carrière de Musebe. Sur place, les autorités civiles appellent les parents à prendre leur responsabilité.
Dans certains villages environnants la carrière de Musebe, les directeurs d’écoles  passent des journées entières avec un nombre réduit  d’enfants en classe. L’attrait de l’or commence aussi à affecter  certaines écoles du centre de Nyunzu. Même les enseignants abandonnent la craie au profit de l’or.
La carrière de Musebe est en activité depuis bientôt quatre mois. Une situation qui vient s’aggraver avec l’ouverture d’une nouvelle carrière, toujours d’exploitation artisanale d’or dans le village de Mamba, à 130 km au Nord-ouest de Nyunzu. Là aussi, l’or est extrait facilement.
Outre les élèves, certains creuseurs adultes viennent de la province voisine du Sud-Kivu. D’autres arrivent de Kalemie, de Kongolo, et des villages avoisinant Nyunzu. Selon des autorités locales, la carrière de Musebe compte à ce jour plus de 20 000 creuseurs. A ce nombre, la police note la présence des hommes en uniformes dont le nombre pourrait avoisiner, selon la même source, une compagnie au sein de l’armée.
En octobre 2012, la section protection de l’enfant de l’Unicef et l’Ong internationale Groupe One avaient déploré la présence de plus de 40 000 enfants de moins de 16 ans qui travaillent dans les carrières minières notamment à Kipushi, Kolwezi et Likasi (Katanga).
Ces deux institutions avaient élaboré un plan pour lutter contre le travail des enfants dans ces milieux et plaidé pour leur scolarisation.
Les enfants qui travaillent dans les mines sont notamment exposés aux maladies pulmonaires et aux éboulements de terre, très fréquents dans les mines artisanales congolaises.

source: www.radiookapi.net