Jacky MPUNGU: « Comme Dieu, nous avons façonné les SIC, et cela fut bon »



Prof. Jacky MPUNGU Mulenda

Chef de Département honoraire des Sciences de l’Information et de la communication (SIC), le Professeur Jacky Mpungu Mulenda, est docteur en SIC, et un des Pionniers des SIC à Lubumbashi et en RDC en général. Il vient d’être récemment promu au rang de Professeur Ordinaire. Il est interrogé par Didier Makal.

SIC Infos : Pourquoi les SIC à Lubumbashi ?
Prof. Jacky M. : Les SIC venaient de naître un peu partout, notamment en Europe vers les années 80. Comme Africain, nous étions premiers à découvrir cette nouvelle science. Il fallait la reproduire chez nous au Congo ; cela pour trois raisons : dans les SIC, il ya le journalisme. Au Zaïre, la plupart des journalistes venaient de Lubumbashi. Mais aussi, la faculté des Lettres mourait, faute de modernisation et d’intérêt : les jeunes n’avaient plus d’attrait pour les Lettres. Il fallait un nouveau souffle. Enfin, cette nouvelle Science devait entrer dans le cursus académique. Il y a le Doyen Haddad, le Recteur Kilanga Musinde qui était intéressés. Mais c’est le recteur Kakoma, avec le concours des professeurs Haddad, Huit Mulongo, le feu Keba Tau, sans oublier le Chef de travaux Dikanga (à l’époque) et moi-même, qui devra appeler à l’existence les SIC. Et comme Dieu, on avait pris de l’argile, et on en avait formé les SIC. Et comme cela était bon, on a continué.
  Aujourd’hui, l’objectif est-il atteint ?
– Oui ; on mesure l’intérêt de la population pour les SIC : Mulolwa, UPL, Likasi, Kolwezi, Kamina, Kinshasa, … partout, les SIC intéressent. Nous sommes au siècle de l’Information et de la communication.
– 12 ans après : que sont devenues les SIC à l’UNILU ?
– Les SIC ont grandi : nous avons commencé avec les filières de journalisme et Communication des organisations. Sous mon mandat, comme chef de département, (le premier a été le professeur Keba Tau), j’ai  ouvert les Arts du spectacle. 12 ans après, c’est bon ! Il faut travailler. Il faut espérer que les autorités se penchent sur la pratique : on a besoin des studios, les SIC sont une science pratique. Pour cela, on a besoin de dirigeants qui puissent avoir l’idéal pour tous : c’est un courage politique et économique.
– Parlant de la pratique, pourquoi la Radio Phoenix n’est-elle pas attachée au département des SIC ?
– La radio Phoenix Université devrait être une radio-école où l’on produirait des émissions idéales en sciences, littérature, culture,… Elle devrait être tout près des besoins de la société. Car l’universitaire doit être la lumière de la société. Phoenix ne doit pas ressembler aux autres avec tous les mauvais côtés. Les SIC devraient investir la radio.
– Comment évaluez-vous le rendement global de tous en SIC ?
– Les étudiants avancent à l’image du pays. Ceux qui ont bien étudié, et ont suivi un cursus exemplaire, sont de bons  cadres, comme d’ailleurs ceux d’autres facultés qui ont agit de la même manière. Pour les professeurs, nous avançons bien. Nous avons trois professeurs : Gaspard Mukamba, Jean-Marie DIKANGA et Jacky MPUNGU ; des chefs de Travaux : Camille Kamba qui prépare sa thèse de doctorat, Christian Mwenze, Corneille NGOY, Maurice Kitoko et Serge Kayembe qui travaillent ; des Assistants : Pascal Makal Samanyong, Alain Mukadi, Ivon Kabeya, Linda Kanyinda, …
– Les SIC seront-elles une faculté un jour ?
– Cela dépend de l’autorité. C’est vrai que les SIC font revivre la faculté des Lettres. Mais je pense qu’on devrait agir comme ailleurs : à Kalemie, par exemple, les SIC sont une faculté ; à Kinshasa, elles font une institution à part, l’IFASIC.
– Qu’est-ce qui ne vous plairait pas, ou qui vous plairait le moins en SIC et qui devait changer ?
– Ce qui ne me plaît pas, c’est le clientélisme des étudiants auprès des autorités. C’est chaque fois, la même chose, aux délibérations : tout le monde s’immisce dans la délibération avec des recommandations. Surtout, pour la délibération de la deuxième licence.
– Avez-vous oublié quelque chose ?
– Oui. Je suis optimiste. Les SIC sont sur la bonne voie.