dimanche 31 juillet 2016

Étienne Tshisekedi tient son premier discours à Kinshasa

Étienne Tshisekedi dans la peau de chef de l'opposition, appelle à l'organisation des élections en 2016 et au départ de Joseph Kabila au 20 décembre. Il l'a dit dans un meeting tenu le 31 juillet à Kinshasa.

Pas de dialogue sans libération des prisonniers politiques", annonce Étienne Tshisekedi. En clair, il sous-entend ainsi que jusque-là que Joseph Kabila n'a pas libéré les prisonniers politiques attendus.

Le chef de l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) et du Rassemblement de l'opposition endosse son costume de chef de l'opposition. Étienne Tshisekedi fait fi des difficultés de tenir les délais constitutionnels pour la tenue de la presidentielle.

A la CENI, institution chargée d'organiser les élections, Tshisekedi lance une mise en rde : ne pas organiser les élections dans le délais est une haute trahison, lance-t-il.

Le chef du Rassemblement invite en outre, la population à se prendre en charge en vue d'assurer l'alternance du pouvoir. Il a aussi denoncé les souffrances des populations de l'est, demandant une minute de silence, et rappelé qu'il a été le vainqueur de la presidentielle de 2011.

jeudi 28 juillet 2016

Pour faciliter la tâche du dialogue au facilitateur Edem Kodjo

Affiche de soutien au dialogue. Photo Didier Makal, décembre 2015, Lubumbashi
Conduire un dialogue, mieux, en être facilitateur, n’est pas tâche facile pour le togolais Edem Kodjo envoyé par l’Union africaine en RDC. Dans ce pays où dialoguer ne sert pas forcément à résoudre les problèmes qui se posent, le facilitateur a besoin qu’on lui facilite la tâche.
Pour qu’enfin se tienne le plus controversé des dialogues congolais, il faut faciliter la tâche au facilitateur. Kodjo, en effet, n’a rien compris à son rôle dans le dialogue initié par Joseph Kabila. Il n’a pas non plus compris ce que veulent les opposants congolais, d’où son incapacité à les amener à ce dialogue.
Il a fallu d’ailleurs qu’interviennent l’ONU, l’OIF et l’UE pour qu’espérer démarrer. Mais bing ! le facilitateur est bloqué ! C’est ce que dit dans une chanson, le musicien Koffi Olomide : « le soi-disant guide abungi nzela », traduisez : « le soi-disant guise a perdu la route ». Un guide, un facilitateur, en effet, c’est un connaisseur. Ce n’est pas une présomption.
Le dialogue, ça sert à se renforcer
Le dialogue, en contexte congolais, ça ne sert pas à résoudre les problèmes apparents. Non, là ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le dialogue conforte les positions des régimes en place, et c’est une réalité depuis l’indépendance de la RDC. En 56 ans, en effet, le pays compterait environ 16 dialogues ou pourparlers nationaux. Pourquoi n’ont-ils souvent guère réussi à sortir le pays de l’instabilité politique et signer ainsi son décollage ?
Sous l’ère Kabila, en 15 ans de règne, environ 8 dialogues[1] (47%) ont eu lieu. Ni stabilité, ni développement n’ont suivi. Si à Pretoria les participants ont sauvé le pays de l’éclatement, si à Kampala le M23 a constaté son échec, … il y a eu surtout le chef de l’Etat qui a conforté sa position de « chef » ou homme fort.
Lubumbashi, Katumbi

Un facilitateur en déphasage
Edem Kodjo n’a probablement rien compris à tout cela. Il n’a pas non plus compris que parfois être opposant, en RDC, donne les raisons de refuser même des causes raisonnables. Il semble ne pas aussi considérer les aspirations des fougueux mouvements citoyens, portés par des jeunes qui ne craignent plus la prison. Ils veulent le changement, les élections. Kodjo n’a pas pu rapidement s’acclimater et sentir les mutations politiques congolaises.
Ce sont deux forces aux antipodes : les nostalgiques de l’ancien régime, presque jusqu’auboutistes, pour dire mobutistes. Ils sont prêt  ne rien lâcher avant d’avoir échoué. A l’inverse, ce sont des politiciens qui sympathisent avec la démocratie. Il leur reste au moins le temps de prouver leur metanoïa : le changement radical qui ferait de ces anciens collaborateurs de Kabila qu’ils critiquent, des prédicateurs du changement vu par Y’en a marre, Lucha et Filimbi qui les bousculent.
Pour tout cela, il faut faciliter la tâche au facilitateur pour que le dialogue ait la chance d’aboutir. C’est-à-dire, que l’Union africaine remplace Kodjo par un autre. Ce serait généreux, pour lui éviter des humiliations du genre récusation pour partialité.



[1] On peut citer Sun city, Pretoria, Addis-Abeba, Nairobi, Kampala, Amani, Concertations nationales et le Dialogue politique en attente depuis 2015.

mercredi 20 juillet 2016

La police présente des prisonniers parmi les "bandits"

Lubumbashi
La police de Lubumbashi a présenté 17 personnes arrêtées par les patrouilles. Parmi elles, des détenus de la prison de Kasapa, la plus sécurisée de la ville.
C'est au gouverneur du Haut-Katanga que la police a présenté les présumés bandits. C'est le résultat des patrouilles des derniers jours à Lubumbashi où les vols dans la nuit ont augmenté depuis la chute de cuivre et cobalt.
Ce fait divers ressemblerait à tant d'autres, s'il n'y avait pas des prisonniers parmi les personnes arrêtées. La police a identifié "le chef des prisonniers de Kasapa", la prison de "Haute sécurité" de Lubumbashi. On se posera tout de même la question sur cette "haute sécurité" tant des détenus en sortent et y retournent comme dans un jardin.
Le chef des prisonniers (dans l'organisation interne de la prison de Kasapa) arrêté est une personne bien connu de la police pour l'avoir déjà, plus d’une fois, arrêtée.
Les autorités se sont félicitées de ces arrestations. Mais sans trop commenter le fait que des détenus se trouvent hors de la prison pour voler, alors qu'aucune fuite n'a été signalée.